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[Tribune] Climat : nous sommes condamnés à l’optimisme

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[Tribune] Climat : nous sommes condamnés à l’optimisme
Par Benoît Ferres, président-fondateur de Cameo Energy, le 17 décembre 2018
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Cette semaine, Benoît Ferres, président-fondateur de Cameo Energy, revient sur les enjeux climatiques. « Le modèle économique dominant n’est plus la solution, mais bien le problème, disait Nicolas Hulot dans son film "Le Syndrome du Titanic". Je partage ce constat »​, écrit-il. 

Le rapport spécial du GIEC publié lundi 8 octobre sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5°C1 et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées » nous alerte sur la situation climatique mais rappelle qu’il existe des solutions, à condition de baisser nos émissions de C02 de 45% par rapport à 2010 d’ici à 2030. Ce n’est pas impossible mais cela implique un sursaut immédiat. En sommes-nous collectivement capables ?

La seconde révolution industrielle a permis à une partie de l’humanité de sortir du malthusianisme. Les gains de productivité alors générés ont offert un accès à l’éducation, à la santé, mais aussi à du temps libre à une partie de l’humanité.

Avec deux problèmes majeurs

Premièrement, cela ne concerne qu’un nombre limité d’individus. Et même si l’Inde ou la Chine sont entrés dans l’ère post-seconde révolution industrielle, il existe encore une majorité d’Hommes qui ont des difficultés à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Or, il n’est pas imaginable que l’humanité dans son ensemble n’ait pas accès à ces standards.

Deuxièmement, la seconde révolution industrielle n’a rendu possible ces gains de productivité extraordinaires qu’au prix d’une intense consommation de matières premières et d’énergie carbonée.
Aujourd’hui, nous sommes face à une équation complexe qu’il va falloir pourtant résoudre rapidement si nous ne voulons pas sombrer avec un dérèglement climatique hors de tout contrôle. Cela signifie donner accès au plus grand nombre à une vie décente, tout en diminuant drastiquement nos recours à l’énergie carbonée et aux matières premières. Passer de l’abondance insouciante à la gestion de la rareté.

Je suis attentif aux pratiques alternatives au modèle dominant (agriculture, recyclage, énergie...). Toutes ces initiatives sont dans la lignée du Club de Rome et de précurseurs, comme Pierre RABI, qui ont très tôt alerté et prôné un modèle intégrant les contraintes du dérèglement climatique sans renoncer aux fondements de notre société moderne. Ces courants de pensée restent cependant minoritaires.
Nos sociétés changent très lentement. Pendant ce temps, nous nous rapprochons du moment où il sera trop tard pour enrayer le réchauffement climatique, le limiter à 1,5°. Le rapport du GIEC démontre les impacts énormes d’un différentiel de réchauffement entre 1,5° et 2°. Ceux qui ont des enfants se posent forcément la question du monde que nous allons leur léguer. Il faut agir vite et massivement !

Il faut donc embarquer le système économique dominant dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est là le paradoxe de la transition énergétique : il faut inventer de nouveaux modèles et pousser les acteurs économiques, pourtant à l’origine du défi, à s’impliquer dans cette transformation énergétique.

La première tentative d’inclusion du monde économique fut initiée avec les quotas carbone mais elle s’est révélée être un échec. Ces quotas consistent en une pénalité supportée par certains acteurs émetteurs de CO2. Or, que font les agents économiques face à un « obstacle » entravant leur activité ? Ils le contournent. À cause des effets d’évitement, les quotas carbone sont aujourd’hui moribonds. Certains acteurs de l’industrie lourde en sont une excellente illustration, optimisant au mieux les pénalités et les quotas via leurs différents sites géographiques.

Pour relever le défi climatique, il faut que tous les agents économiques soient dans des conditions égales de concurrence et d’accès au marché (sans possible évitement).

Cependant, il reste de l’espoir ! Ces dix dernières années ont vu exploser les mécanismes de « White Certificates » à travers le monde. Ce marché mondial représente plusieurs dizaines de Milliards de dollars par an et la France constitue le premier marché européen, avec plus de 2,5 Milliards d’euros par an.

Là encore, il s’agit de tentatives pour que les agents économiques s’emparent massivement du déploiement de solutions permettant de moins consommer d’énergie. Néanmoins, contrairement à la taxe carbone, ces dispositifs ne se basent pas sur des pénalités/contraintes mais sur des gains/incitations.

Comment ? En France, à travers les Certificats d’Économies d’Énergie (Certificats blancs français), l’État oblige les fournisseurs d’énergie à réaliser ou à inciter d’autres à réaliser des économies d’énergie, sous peine de sanctions financières se chiffrant en milliards d’euros. La pénalité est si dissuasive que les fournisseurs d’énergie préfèrent verser des primes à l’investissement aux porteurs de projets d’économies d’énergie. Ils « achètent » ainsi les projets de travaux qui leur permettront de réaliser l’intégralité de leurs quotas.

Ce dispositif des CEE crée un nouveau levier de financement des opérations de rénovation énergétique, le seul qui n’impacte pas le budget de l’État (contrairement au CITE, Eco-PTZ…).

La mise en place est nationale, avec des distorsions de concurrence limitées et sans possibilité de contournements hors des frontières. Tous les distributeurs d’énergie dans un pays sont soumis à la même obligation, fixée proportionnellement à leurs ventes d’énergie carbonée. Si les certificats blancs explosent à travers le monde, c’est justement parce qu’ils ne nécessitent pas de longues négociations internationales pour être mis en œuvre.

Et ça marche. Au niveau européen, ces certificats blancs représentent le mécanisme le plus important en faveur des économies d’énergie. Ils sont à l’origine de plus du tiers des économies générées, devançant désormais, en termes d’impact, les quotas carbone, les subventions ou encore réductions d’impôts.

Pour mobiliser à grande échelle nos sociétés, ce nouveau modèle économique de l’évitement, basé sur des « White Certificates » et qualifié de « White Economy », est probablement l’un des modèles les plus adaptés. En donnant une valeur marchande à la rareté, il devient un outil indispensable pour faire face aux contraintes du XXIe siècle.
Benoît Ferres, président-fondateur de Cameo Energy
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