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[Tribune] L’électricité autoproduite est-elle une alternative performante pour maîtriser son budget énergie ?

[Tribune] L’électricité autoproduite est-elle une alternative performante pour maîtriser son budget énergie ?
Patrice Berruet, directeur associé d’Euklead. Crédits : DR
Par Patrice Berruet, le 11 mars 2021.
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Entre positionnement RSE, économies budgétaires et indépendance énergétique, l’autoproduction apparaît de plus en plus attractive dans le marché de l’électricité. Patrice Berruet, directeur associé d’Euklead, revient sur quelques points pour comprendre et maîtriser ce changement.

La transition énergétique est en marche. Elle s’explique par un contexte en pleine mutation, illustré en premier lieu par des prix de l’électricité conventionnelle en croissance permanente. Effectivement, les experts se référant aux prévisions faites en 2018 par la Commission de régulation de l’énergie, la Cour des Comptes et l’Union Française de l’Électricité, sont unanimes pour dire que ce prix pourrait connaître une augmentation de 80 % d’ici à 2030.

Les raisons sont autant industrielles que politiques. En effet, les augmentations visent à couvrir les investissements ainsi que les travaux de maintenance du parc nucléaire français et à soutenir le plan gouvernemental de développement des énergies renouvelables. En second lieu, s’ajoute l’éventualité d’une remise en cause du tarif régulé de l’Arenh (dispositif permettant en France aux fournisseurs d’électricité concurrents d’EDF de lui racheter à prix fixe une partie de la production nucléaire) qui pourrait faire flamber les prix. Fixé à 42€ par MWh depuis janvier 2012, ce tarif pourrait connaître un bond significatif dans les prochaines années. L’Europe y voit, en effet, aujourd’hui une distorsion de concurrence en faveur des entreprises françaises.

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A ces perspectives, se conjugue une évolution notoire de la loi en termes d’autoconsommation d’électricité. En effet, alors que les auto-producteurs (particuliers ou entreprises) devaient obligatoirement injecter leur production d’électricité dans le réseau, depuis la loi n° 2017-227 du 24 février 2017 ratifiant les ordonnances n° 2016-1019 du 27 juillet 2016, ces derniers peuvent maintenant consommer eux-mêmes et sur un même site tout ou partie de l’électricité produite par leur installation. La loi autorise également des projets collectifs entre différentes entreprises sises sur une même zone géographique.

Des démarches d’autoconsommation séduisantes

Ce changement de paradigme rend les démarches d’autoconsommation séduisantes à plusieurs titres. D’ailleurs, selon EDF, 83 % des entreprises disent être intéressées. En termes d’image tout d’abord. En effet, produire sa propre électricité à partir d’une source d’énergie renouvelable, durable, locale et consommée sur place, démontre l’engagement vertueux de l’entreprise en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. D’ailleurs, conscientes que les salariés, consommateurs, partenaires, prestataires et actionnaires sont de plus en plus sensibles à toute démarche RSE, les marques telles Camif en font un axe de communication fort. De plus, toutes les entreprises de plus de 500 personnes sont obligées de faire un bilan carbone afin de réduire leurs impacts ; l’autoconsommation d’énergie renouvelable est particulièrement pertinente à ce niveau.

Concernant le volet budgétaire, dans ce contexte d’augmentation continue des prix de l’électricité de réseau, la solution photovoltaïque devient de plus en plus concurrentielle. Notons que si plusieurs sources d’énergies renouvelables - soleil, vent, eau…- peuvent être utilisées, en France, l‘énergie solaire est plébiscitée en raison de sa simplicité de mise en œuvre. Il « suffit », en effet, d’installer des panneaux photovoltaïques sur un toit ! La dernière étude de l’Irena (Agence internationale des énergies renouvelables) démontre que le coût de l’électricité solaire photovoltaïque a chuté de 82 % entre 2010 et 2019 en raison de l’amélioration des technologies, de la réduction des prix des matières premières, de l’optimisation des processus de fabrication et des économies d’échelle.

L’Irena estime également que ce coût pourrait encore diminuer de 60 % d’ici 2025. Ce faisant, le retour sur investissement sera de plus en plus rapide. Les experts jugent que les panneaux solaires posés chez les industriels sont amortis en 6 à 12 ans, bien avant qu’il soit nécessaire de les remplacer puisqu’ils ont une durée de vie d’au moins 25 ans. Ainsi, dès la 7ème année, selon les cas, l’électricité est gratuite ! Il est difficile d’estimer les économies que les entreprises peuvent réaliser sur leur facture d’électricité, chaque installation étant montée sur mesure, mais l’Ademe annonce que : « Pour un supermarché, par exemple, dont les horaires d’ouverture coïncident avec la production solaire, 95 % de la production solaire peut-être consommée sur site sans stockage. » Ajoutons qu’avec des panneaux solaires, les entreprises valorisent des espaces comme le toit des bureaux ou ceux des usines voire des parkings avec des ombrières.

Par ailleurs, les entreprises produisant leur propre électricité ont la garantie de bénéficier des quantités utiles pour leur consommation à prix fixe, stable et prévisible dans la durée (l’investissement pendant la durée d’amortissement et les frais d’entretien annuels). En effet, il n’est ni impacté par les taxes ni par les variations de prix du marché alors que celui du réseau fluctue sans que l’entreprise ne puisse en estimer ni l’ampleur ni le rythme. En outre, le recours à l’autoconsommation permet de palier les risques de ruptures d’approvisionnement du réseau qui se traduisent en arrêts coûteux pour l’entreprise.

Adopter une démarche rigoureuse

La simplicité affichée cache pourtant bien des chausse-trappes qu’il faut appréhender en amont. Ainsi, afin que le projet ne se transforme ni en gouffre financier ni en cautère sur une jambe de bois, il est conseillé de suivre une démarche rigoureuse. La première étape vise à identifier avec précision ses besoins. Il faut, en effet, avoir une connaissance pointue de la consommation d’électricité réelle de l’entreprise, et ce, par an, par mois, par jour...  Il est également nécessaire de connaître la puissance exigée par les équipements électriques actuels et futurs, leur durée d’utilisation quotidienne et les moments de la journée où ils sont exploités.

Afin que l’installation soit pertinente, il est impératif de calculer les superficies disponibles qui pourront être dédiées aux panneaux photovoltaïques. Ce diagnostic doit être complété d’informations relatives au site, car le rendement des panneaux photovoltaïques est conditionné par différents critères comme celui de l’ensoleillement et de l’orientation. Ces facteurs permettent de calculer leur inclinaison, l’idéal étant qu’elle soit de 30° avec une orientation sud. L’emplacement a également une incidence sur le choix de la technologie et il peut être nécessaire de réaliser des études de structure sur les bâtis afin d’évaluer les coûts de reprises de charpente. En outre, il faut considérer les contraintes urbanistiques du site, afin de prévoir les coûts de raccordement au réseau. Notons, enfin, qu’il est impératif d’intégrer à sa réflexion les aspects assuranciels du projet en interrogeant son assureur en amont.

Afin que le dispositif soit rentable, le dimensionnement de l’installation doit permettre d’autoconsommer le plus possible d’électricité autoproduite pour vendre le moins possible de surplus au réseau. En effet, l’électricité produite en surplus est de moins en moins bien valorisée.

Il peut également être intéressant d’envisager une solution de stockage. En effet, l’électricité d’origine solaire étant intermittente -le photovoltaïque dépend des conditions météorologiques-, le projet peut comporter des moyens de stockage.  Ce faisant, l’énergie produite pendant les journées ensoleillées durant les fermetures de l’entreprise sera consommée ultérieurement. Mais les prix encore élevés des batteries demeurent un véritable frein. Gageons tout de même qu’ils sont voués à baisser dans un avenir proche. Les progrès considérables réalisés en la matière dans le secteur automobile depuis le déploiement à marche forcée des véhicules électriques vont avoir un impact positif sur le marché du stockage de l’électricité. De nombreux acteurs tels Tesla se sont emparés du sujet. Ajoutons que pour avoir la combinaison panneaux et batteries optimale, il conviendra de l’associer à un outil de gestion digital qui permettra de contrôler les performances du réseau privé d’électricité de l’entreprise. Un budget de plus à prévoir.

Enfin, cette approche économique exige d’effectuer des simulations de rentabilité entre les possibilités offertes par la loi : autoproduction pour la revente au réseau ou autoconsommation intégrale. Et parce que de nombreux acteurs existent, équipementiers, bureau d’études ou entreprises du BTP, le projet devra être soutenu par une consultation des marchés et par la sélection des fournisseurs et prestataires les mieux placés aussi bien en termes de prix que de qualité des solutions et des prestations.

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