Conçu pour accueillir 300 000 visiteurs par an sur ses 2 150 m², le bâtiment combine sobriété extrême et préservation du patrimoine. Le travail d’étanchéité à l’air de l’enveloppe permet de limiter le besoin de chauffage à 17,7 kWh/(m².an), bien en deçà du seuil de 20 kWh/(m².an) fixé par le référentiel EnerPHit. Pour compenser les déperditions des grandes façades vitrées historiques conservées, des radiateurs viennent compléter l’air chaud diffusé par les centrales de traitement d’air.
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Profitant d’une nappe affleurant à seulement 2 ou 3 mètres de profondeur, le projet s’appuie sur une pompe à chaleur eau-eau par puits de captage et de rejet. En hiver, le système assure le chauffage et l’eau chaude sanitaire avec un coefficient de performance thermique de 5. En été, le rafraîchissement repose sur le géocooling direct via un simple échangeur : sans sollicitation du compresseur de la pompe à chaleur, le coefficient de performance apparent atteint 25. La boucle hydraulique fonctionne à débit variable pour ajuster la circulation d’eau aux besoins réels et économiser l’électricité des pompes.
Une stratégie de confort d’été évolutive et sans climatisation
Pour faire face aux pics de chaleur lyonnais pouvant dépasser 40 °C, Oteis a déployé une approche progressive. Le bâtiment privilégie d’abord les stratégies passives avec des protections solaires automatisées le jour et une ventilation traversante naturelle la nuit. Les ouvrants connectés à la gestion technique du bâtiment assurent un renouvellement d’air de 25 volumes par heure, soit une efficacité dix fois supérieure à un freecooling classique. En parallèle, des centrales de traitement d’air double flux sectorisées s’adaptent aux usages : la cuisine de 150 repas par jour dispose de sa propre centrale, tandis que les zones d’exposition et de conférence sont régulées par des sondes de dioxyde de carbone. Enfin, des relais semi-actifs prennent le relais : dès 26 °C, des brasseurs d’air réduisent la température ressentie de 2 à 4 °C, et à partir de 28 °C, le géocooling s’active via les planchers rafraîchissants. En cas de canicules extrêmes à l’avenir, la pompe à chaleur pourra passer en mode actif pour garantir la résilience du site.
Réemploi des matériaux et valorisation des eaux grises
La démarche environnementale s’étend à la gestion des ressources. Le chantier a intégré des chemins de câbles issus de filières de réemploi de la métropole lyonnaise, la réutilisation d’appareils sanitaires d’origine après diagnostic, ainsi que la restauration du lustre monumental du chalet de plus de deux mètres de diamètre. Côté plomberie, un système de traitement complet par filtration biologique, ultrafiltration, charbon actif et rayons ultraviolets permet de recycler 3 350 mètres cubes d’eaux grises de cuisine par an, l’équivalent d’une piscine olympique, pour alimenter les chasses d’eau, l’arrosage, le nettoyage et le refroidissement des tireuses à bière.
Un chantier fluides exigeant en site occupé
Menés dans une enclave au cœur d’un parc public fréquenté, les travaux ont imposé des contraintes logistiques strictes. L’absence de plans à jour après treize ans d’abandon et le changement de concept de cuisine en cours de projet ont exigé des réajustements permanents de la part de Nicolas Schiavolini, responsable de l’équipe fluides chez Oteis, et de ses équipes pour respecter les critères stricts de la certification.