Le Grenelle de l'environnement est au centre de l'actualité et le restera au moins jusqu'à la fin octobre. Six groupes de travail rassemblant les représentants de cinq collèges et des personnalités extérieures ont commencé à plancher. Soit environ, si l'on compte les présidents, vice-présidents et rapporteurs, une cinquantaine de personnes autour de la table. Pas facile de s'entendre, dans tous les sens du terme !
En ce début septembre, il reste bien difficile de connaître la nature des débats tant les propositions étayées et publiées sont rares. Certes, de nombreux lobbies se sont exprimés. Mais lancer objectifs et échéances sans préciser leur coût et les moyens réalistes d'y parvenir relève plus du militantisme irresponsable que d'une volonté sérieuse d'aboutir.
En cause sans doute, l'absence de consensus au sein de chaque collège. Celui des employeurs par exemple comprend des représentants des grandes fédérations industrielles et des entreprises artisanales, mais aussi du monde de l'assurance et du syndicalisme agricole. Si la FNSEA a mis en ligne ses réflexions, il faut, pour le Medef, se contenter des propos du président de la commission développement durable, Jean-Pierre Clamadieu (Rhodia), dans Les Échos pour découvrir que l'organisation patronale ne s'opposerait pas à un aménagement de la fiscalité sans taxe supplémentaire.
Au sein du collège associations, la rivalité apparue lors de la répartition des sièges ne demande qu'à s'exprimer. Pour preuve, la série de propositions extrêmement abouties de FNE est paradoxalement la cible d'associations plus radicales qui travailleraient déjà à la rédaction de communiqués finaux sur leurs espoirs déçus.
Face aux espoirs suscités par cette négociation collective, impossible de se contenter de demi-mesures. D'ores et déjà, le principe d'une loi sur les OGM est acquis. La décision est emblématique, ne fâche personne - pas même la FNSEA - et ne coûte rien. Idem pour la création attendue d'une agence de protection de la nature et d'un réseau écologique national. Mais difficile d'imaginer que, parmi la quinzaine d'engagements qui seront pris, aucun ne concerne la lutte contre le changement climatique. Et, malgré un contexte de forte restriction budgétaire, de nouvelles incitations fiscales à la rénovation énergétique des bâtiments pourraient en être la mesure phare.