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COP23 : un bilan mitigé

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COP23 : un bilan mitigé
Par Eva Gomez, le 20 novembre 2017
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A l’issue des deux semaines de débats et négociations à Bonn en Allemagne, des avancées sont à souligner : notamment la création d’un outil inclusif pour faciliter la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris ou l’engagement de 25 pays à sortir du charbon. Mais malgré la présidence des Fidji, le manque de décisions concernant l’aide aux pays du Sud a été souligné.

La 23e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP23) s’est achevée samedi 18 novembre au matin, dressant un bilan en demi-teinte. Son objectif principal, à savoir fixer un calendrier et des modalités afin de concrétiser les objectifs de l’accord de Paris, a pourtant été rempli : la présidence fidjienne a en effet créé un outil – le dialogue dit de Talanoa – pour suivre l’évolution des engagements de chaque pays signataire à l’échéance 2020. Le dialogue de Talanoa se veut inclusif, et devra associer les Etats signataires, des experts sur le climat, des associations de la société civile, ou encore des experts économiques. Le but de ce dialogue est de partager des visions, scénarios, idées, pour rehausser les ambitions des Etats. Dès la COP24 en Pologne en 2018, les pays signataires devront rendre compte de leurs actions mises en œuvre afin d’en établir un pré-bilan, notamment via ce dialogue de Talanoa. Rappelons que le rapport publié le 31 octobre par l’ONU Environnement annonçait que les contributions nationales prévues par l’Accord de Paris ne permettraient d’éviter qu’un tiers des réductions d’émissions de gaz à effet de serre nécessaires au maintien de la hausse de température globale en-dessous de +2°C.

25 pays et collectivités engagés pour la sortie du charbon

Autre point positif à l’issue de cette COP23 : l’engagement pris par 25 pays et collectivités, de sortir du charbon dans le cadre de la coalition intitulée « Powering Past Coal Alliance ». Parmi eux, la France, l’Italie, les Fidji, Ontario, Québec et Vancouver (Canada), Washington (Etats-Unis), les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Le Costa Rica, la Finlande ou encore le Portugal. Chacun des pays membres de cette nouvelle coalition s’est fixé une date de sortie du charbon : 2021 pour la France, 2030 pour le Portugal, la Finlande et les trois villes canadiennes, 2022 pour la Nouvelle-Zélande, par exemple. L’Allemagne n’ayant pas rejoint cet engagement s’est vue vivement critiquée. A l’occasion de son discours de bilan, la chancelière allemande Angela Merkel a mesuré les efforts qu’il reste à faire : « Nous savons que l’Allemagne, qui utilise encore en grande partie le charbon, doit apporter une contribution substantielle », a-t-elle déclaré. De son côté, Emmanuel Macron s’est défendu de l’annonce récente du report des objectifs concernant la part de production d’énergie nucléaire. Il a rappelé la position du gouvernement français selon laquelle une fermeture prématurée des centrales nucléaires nous condamnerait « à rouvrir des centrales à charbon ».

Par ailleurs, les discussions de la COP23 ont permis de lancer un programme de travail sur l’impact de l’agriculture sur le climat et la France a confirmé qu’elle renforcerait son aide au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La rupture Nord-Sud toujours problématique

Mais au-delà de ces avancées, certains sujets semblent stagner. Notamment celui de la solidarité financière apportée par les pays du Nord aux pays les plus vulnérables. Le ministre français de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, a d’ailleurs évoqué ce « blocage » et la nécessité « d’apporter une réponse » à cette problématique. Toutefois, l’Union Européenne a annoncé pouvoir ratifier l’amendement au protocole de Kyoto adopté à Doha (Qatar) en 2012, selon lequel les pays industrialisés devront entrer dans une nouvelle phase d’engagement. Par ailleurs, l’Allemagne a promis de verser 50 millions d’euros dans le fonds d’adaptation et 50 millions dans le fonds pour les pays les moins avancés. La Suède et la Belgique ont également promis de verser de nouvelles sommes, contrairement à la France. Les pays vulnérables ont d’ailleurs souligné la difficulté d’accéder à ces fonds d’aide, et ont suggéré en vain, que le fonds d’adaptation devienne l’instrument financier de l’Accord de Paris. A noter que ce fonds est doté de 80,5 millions de dollars cette année.

Vers le sommet du 12 décembre à Paris

Autre sujet presque passé sous silence, celui des « pertes et dommages » subis par les pays du Sud, en première ligne du changement climatique. L’ONG Oxfam a réagi à l’issue de la COP23 en indiquant que sa « principale déception » concernait « les efforts déployés, avec succès, par les pays développés pour bloquer toute négociation sur le financement des "pertes et dommages", à l’exception d’un unique atelier en 2018 ». Une déception d’autant plus grande que cette COP, surnommée « COP du Pacifique »  était présidée les Fidji : elle « devait permettre d’obtenir des avancées » sur ce sujet, estime Oxfam. « A de rares exceptions près, les pays riches sont venus les mains vides à Bonn », déplore Armelle Le Comte, responsable du plaidoyer climat de l’ONG, ils se sont timidement engagés à faire part des progrès accomplis concernant leur promesse de 100 milliards de dollars en 2018. Le sommet international sur le climat, organisé à Paris le 12 décembre prochain à l’initiative d’Emmanuel Macron, offrira une séance de rattrapage aux pays riches pour dévoiler de nouveaux engagements financiers. A commencer par la France ».

Pour Oxfam, le président Macron devrait saisir cette occasion pour annoncer « d’une part, le doublement des financements de la France pour l’adaptation afin d’atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022 et d’autre part, l’adoption de la taxe sur les transactions financières en Europe, qui permettrait de dégager annuellement 22 milliards d’euros, dont une partie devrait être allouée à solidarité internationale et au climat ».
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