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Tribune | « De l’urgence d’investir dans un secteur agro-alimentaire durable »

Par Isobel Rosen Analyste Relations Investisseurs et Sofía Condés Responsable Relations investisseurs chez FAIRR. Publié le 26 juillet 2023.
Tribune | « De l’urgence d’investir dans un secteur agro-alimentaire durable »
Isobel Rosen Analyste Relations Investisseurs et Sofía Condés Responsable Relations investisseurs chez FAIRR. Crédit : DR
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Nos ressources en eau et leur préservation sont mises aujourd’hui en péril par la croissance démographique, le changement climatique ainsi qu’ une utilisation irresponsable par certains secteurs. Elles doivent plus que jamais s’imposer comme une priorité des investisseurs afin d’impulser les changements nécessaires, notamment dans le secteur agricole. Tribune co-signée par Isobel Rosen Analyste Relations Investisseurs et Sofía Condés Responsable Relations investisseurs chez FAIRR. 

Près des 3/4 des catastrophes naturelles survenues ces vingt dernières années étaient liées à l’eau et ont entraîné des dommages économiques s’élevant à près de 700 milliards de dollars. Le changement climatique en cours, en augmentant la probabilité d’événements climatiques extrêmes, constitue logiquement l’un des principaux facteurs de risque liés à cette ressource, comme nous le rappellent les sécheresses observées actuellement dans différentes parties du globe.

Face à cet enjeu, les régulateurs européens tentent de réagir en légiférant et en intégrant les risques liés à l’eau dans leur planification stratégique. La Catalogne, le gouvernement fédéral allemand ou la France ont récemment annoncé plusieurs mesures visant à prévenir la surexploitation et la dégradation des ressources hydrauliques, notamment en impliquant le secteur agricole.

Une industrie agricole au cœur des enjeux

Et pour cause, l’industrie agricole est aujourd’hui responsable de 70 % des prélèvements d’eau douce dans le monde. Une étude récente du bassin du fleuve Colorado a montré que sur les 1,9 trillion de gallons d’eau consommés au cours d’une année normale, 79 % sont utilisés dans l’agriculture, dont 55 % pour la production d’aliments pour le bétail. Ainsi, selon les estimations du Water Footprint Network, la production d’un kilo de viande de bœuf nécessite 15 000 litres d’eau, soit une empreinte hydrique moyenne par gramme de viande de bœuf supérieure de 60 % à celle des légumineuses.

Ce constat est difficilement tenable alors que notre dépendance à l’égard des eaux souterraines, si essentielles dans les régions arides et semi-arides et qui représentent 99 % de l’ensemble de l’eau douce sur Terre, ne cesse de croître.

Un double scénario de matérialité

Le secteur de l’agriculture constitue, en tant qu’utilisateur mais aussi en tant que pollueur majeur des ressources en eau dans le monde, un élément clé pour relever le défi de leur préservation.

A commencer par l’élevage, alors qu’on estime que 98 % de l’eau utilisée pour produire de la viande provient de la production d’aliments pour animaux. Pourtant, une grande majorité des entreprises d’élevage ne révèlent pas comment elles gèrent les risques de pénurie d’eau dans le domaine de l’alimentation animale, ce qui ne leur permet pas de comprendre ou de gérer leur exposition à ces risques.
La gestion des eaux usées est, elle aussi, cruciale. L’indice Coller FAIRR Protein Producer Index a en effet montré que 64 % des entreprises dans l’élevage étaient encore classées "à haut risque" sur la base des indicateurs clés de performance liés à ce sujet. Aux États-Unis par exemple, les eaux usées des abattoirs présentent les niveaux de rejet de phosphore les plus élevés et les niveaux de rejet d’azote les plus faibles de toutes les industries.

Il est donc urgent, tout au long de la chaîne de valeur de l’élevage, d’améliorer la communication en matière de réduction de la consommation d’eau des entreprises et d’investir dans ’amélioration des infrastructures hydrauliques et d’une gestion optimisée du traitement des eaux usées.

Le rôle crucial du secteur financier

Or, si les décideurs politiques ont le pouvoir d’adopter des mesures visant à fixer des limites et prévoir des sanctions pour protéger les ressources en eau contre la surutilisation et les polluants, les investisseurs doivent également user de leur influence pour encourager une meilleure gestion des ressources en eau dans tous les secteurs. Ils doivent également allouer des capitaux aux innovations qui réduisent la contamination et favorisent une utilisation plus efficace de ces ressources.

A ce titre, les investisseurs doivent notamment se mobiliser pour accompagner le secteur des services publics et du traitement de l’eau, afin de développer de meilleurs systèmes d’utilisation de l’eau, de filtrage des eaux polluées et de nettoyage des sources contaminées. Ils peuvent également attribuer des capitaux à des entreprises qui produisent des alternatives à la viande et aux produits laitiers, ainsi qu’à la promotion de cultures protéinées plus diverses et résistantes à la sécheresse telles que l’amarante ou le niébé. Et enfin ils peuvent également contribuer au développement des technologies agricoles liées à l’eau, tels que les technologies de filtration innovantes, les innovations en matière d’irrigation goutte-à-goutte ou les capteurs sophistiqués pour surveiller l’utilisation de l’eau.
 
Un monde sans eau potable est un monde où il est impossible d’investir. C’est pourquoi gérer les risques liés à l’eau et soutenir les innovations préservant les ressources pour l’avenir de notre planète représente l’une des principales opportunités d’investissement de notre époque.
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