Deux ans après avoir validé le principe de la fonctionnalisation des non-tissés pour des applications de filtration d'effluents métalliques, Intissel Technologies, filiale du groupe Chargeurs, a mis au point avec le Creat, le laboratoire du groupe, une gamme de textiles destinés au marché de la dépollution des sols. Ces géotextiles traditionnels (500 g/m3), dotés de fonctions d'échange ionique par greffes de chaînes moléculaires, captent et fixent les métaux dissous qui migrent vers la nappe phréatique. Le système mis en oeuvre applique le principe du sandwich : géotextile, terre, géotextile, terre... L'épaisseur de la couche de terre à dépolluer va dépendre de sa concentration en polluants et du délai de traitement souhaité. On estime qu'il faut environ deux ans pour dissoudre et faire migrer les métaux sur une épaisseur d'un mètre. La captation se fait avec une grande efficacité en raison de la surface d'échange offerte par le textile. Le procédé, qui nécessite d'excaver les terres avant leur réinstallation avec les textiles, devrait néanmoins être très concurrentiel car il évite le transport de terres polluées vers des centres extérieurs de traitement ou de stockage. Autre intérêt majeur : sa capacité à traiter des pollutions multiples en opérant des greffages bipolaires. Outre le chrome, le zinc, le plomb, le cadmium et l'arsenic, certains polluants organiques sont aussi visés. Des premières expériences sur sites sont en cours et Intissel Technologies, qui a démarré la production industrielle, fournit déjà à la demande les textiles greffés sur mesure. Ces supports pourraient aussi logiquement s'installer en barrières réactives pour le traitement des nappes