Le projet pilote du groupe Total de capter sur deux ans 120 000 tonnes de CO2 produits sur sa plate-forme de Lacq (64) pour les réinjecter et les stocker dans le champ gazier en fin d'exploitation de Rousse 1, situé à 27 kilomètres de là sur la commune de Jurançon, ne fait pas que des heureux. L'association Coteaux de Jurançon Environnement conteste que cette opération soit dépourvue de risques, comme l'affirme le groupe pétrolier français. « Il s'agit d'une expérience. Elle recèle donc une part d'incertitude. Rien ne dit que ce gaz restera piégé à jamais. D'autant que la région est soumise à une activité sismique significative », lance Paulette Loustalet, présidente de l'association. Des craintes que Total minimise. « Le CO2 sera stocké à 4 500 mètres de profondeur à une pression de 70 bars, là où le méthane l'était à 480 bars avant l'exploitation du puits. Il n'y a donc que peu de risques que le gaz active des failles. Quant à l'aléa sismique, nous l'avons simulé sur la base du tremblement de terre le plus puissant répertorié dans la région. Nous avons aussi prévu des vannes de sécurité. Et pour le cas où elles ne fonctionneraient pas, nous avons réalisé des calculs de dispersion du CO2 dans l'air qui montre qu'au-delà d'un mètre autour du puits il n'y a plus de danger pour l'homme », explique Franck Mainetti, porte-parole de Total. Reste que si Total entend contrôler activement le site durant les trois ans suivants les opérations de captage et d'injection prévues cette année, se posera toujours la question de sa surveillance ultérieure. Le Code minier n'apporte aucune réponse à cette question. Mais Total se veut rassurant : « S'il faut maintenir un dispositif de surveillance, nous le maintiendrons », assure Franck Mainetti.