« Il n’y a pas de baisse nette des recours aux phytosanitaires », euphémise Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, après la réunion du comité national d’orientation et de suivi (Cnos) du plan Ecophyto, qui s’est réuni le 9 octobre 2012. De fait, l’indicateur Nodu, qui indique l’intensité du recours aux phytosanitaires, augmente de 2,7 % en 2010-2011, en comparaison avec la même période 2009-2010. Le bilan réalisé en 2011 faisait déjà état d’une augmentation de 2,6 % pour 2008-2010. Sans abandonner officiellement l’objectif d’une réduction de 50 % pour 2018, le ministre de l’Agriculture mise sur une moyenne, avec des régions bonnes et mauvaises élèves, en fonction de leurs caractéristiques climatiques et culturales. « Le frein est surtout culturel : l’exploitant doit accepter de prendre un risque en diminuant le traitement de ses plantes, et donc prendre un risque économique », estime Stéphane Le Foll. Pour y remédier, il propose la création de groupement d’intérêts économiques et écologiques, mais le projet de loi n’est pas encore finalisé. De même, l’objectif de 800 000 professionnels dotés de leur Certiphyto en 2014 semble compromis, car il y en 140 000 aujourd’hui.
En attendant, un accord cadre a été signé le 9 octobre pour soutenir la lutte biologique et le biocontrole. Une commission est créée pour réfléchir à une fiscalité incitant à la baisse des phytosanitaires, et la lutte contre l’importation frauduleuse et la contrefaçon de phytosanitaire est renforcée.AC