« Les risques de fuites sur des stockages de dioxyde de carbone à faible profondeur ont été les premiers à être explorés. Mais qu'en est-il des risques à long terme sur les stockages profonds ? » interroge Pierre Toulhoat, directeur scientifique de l'Ineris. Pour le savoir, l'établissement a réalisé, dans le cadre d'une thèse soutenue en ce début d'année, des essais sur un ancien puits d'extraction d'uranium, près de Lodève (34), dans des schistes riches en métaux. L'eau de l'aquifère salin a été pompée, saturée en CO 2 et réinjectée. Quelques jours plus tard, nouveau pompage pour analyse. Résultat : « Du fait des interactions entre la roche-réservoir, la saumure et le CO 2, la concentration du zinc dans l'eau a été multipliée par 25, celle du fer par 13, le manganèse par 5 et l'arsenic par 2. Ces résultats montrent qu'en cas de fuites du CO 2 dans des failles géologiques, il existe un risque sur la potabilité de l'eau des nappes à proximité du point d'injection », poursuit Pierre Toulhoat. Des questions qui se posent également pour l'extraction des gaz et huiles de schistes, les mêmes réactions étant en jeu. AC