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POLLUTIONS

Un protocole pour mieux suivre la dépollution naturelle

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2014
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Pilote Une technique inventée par les industriels Sur le marché pour éviter d'investir dans la dépollution de leurs sites ? C'est ainsi qu'a longtemps été considérée l'atténuation naturelle. Pourtant, cette appellation, qui regroupe l'ensemble des mécanismes conduisant, sans intervention humaine, à la diminution de la toxicité des polluants dans les sols ou les eaux souterraines, connaît depuis quelque temps un regain d'intérêt. Le projet Atténa, coordonné par le BRGM pour l'Ademe, s'est achevé sur la réalisation d'un « protocole opérationnel de gestion de sites par atténuation naturelle dans le contexte réglementaire français », rendu public en janvier 2013 et présenté lors de journées techniques organisées par l'Ineris en mai dernier. Il concerne les hydrocarbures aromatiques polyc ycliques (H AP), les hydrocarbures pétroliers et les solvants chlorés, mais pas les métaux ou les métalloïdes. « Ces trois familles de polluants étaient de bonnes cibles car ce sont les plus représentatives et leur capacité à se dégrader était déjà un peu connue », justifie Alain Saada, chef du projet au BRGM. L'atténuation naturelle peut-elle donc être utilisée dès lors qu'une pollution liée à l'une de ces familles chimiques est identifiée ? « Ce n'est envisageable que si la source de pollution est maîtrisée et s'il n'y a pas de risques connus, comme un transfert de pollution, vers un bâtiment notamment », prévient Yves Duclos, chef de projet sites et sols pollués au service friches urbaines et sites pollués de l'Ademe. Et bien sûr, il faut que des mécanismes susceptibles de résorber la pollution, comme la biodégradation aérobie par exemple, soient bien à l'œuvre. C'est ce qu'il s'agit de démontrer. Pour cela, le protocole présente différentes méthodes de détermination des taux de dégradation comme le bilan électronique ou le bilan de masse, l'interprétation des analyses isotopiques ou encore l'application de modèles numériques, entre autres. En outre, quatre modes opératoires, focalisés sur des outils jusqu'ici peu ou pas développés chez les professionnels, viennent en support du protocole. Ils concernent les apports et les limites de la géophysique et de l'analyse des gaz du sol ainsi que l'utilisation d'échantillonneurs passifs et des approches isotopiques. Ainsi, le protocole ne permet pas d'estimer directement la durée nécessaire pour abattre une pollution, mais il précise les outils et mesures utiles pour l'évaluer au mieux. Il décrit de manière détaillée les données à acquérir ainsi que les critères d'évaluation de la faisabilité. Par exemple, l'utilisation de l'atténuation naturelle sera d'autant plus compromise que le panache de pollution est encore en extension ou que le propriétaire foncier a des objectifs de réhabilitation du site à court terme. Expérimenté sur plusieurs sites appartenant à des industriels (qui n'ont pas souhaité rendre les résultats publics), le protocole a été développé « en même temps que nous le testions », précise Alain Saada. Le document décrit cependant quatre exemples théoriques dans lesquels l'atténuation naturelle comme mode de gestion de la pollution prendrait tout son sens. Il évoque la possibilité de la dynamiser par bio-augmentation ou biostimulation sans pour autant en donner les détails. Mais quel que soit le contexte, une bonne connaissance des mécanismes naturels sur un site « permet de mieux dimensionner la dépollution active à mettre en œuvre, si nécessaire », conclut Sébastien Kaskassian, du Burgeap, un bureau d'études partenaire du projet.


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