Si l'Ineris travaille depuis une dizaine d'années sur la place des facteurs organisationnels et humains (FOH) dans la maîtrise des risques industriels, il démarre seulement la publication d'une série de guides destinés aux industriels et aux services de l'État pour les aider à mieux les intégrer dans la sécurité d'un site. « Les FOH ont contribué à 62 % des accidents, selon le bilan 2013 du Bureau d'analyse des risques et pollutions industrielles (Barpi), c'est-à-dire qu'ils représentent une dimension importante de la maîtrise des risques industriels », explique Ludovic Moulin, de l'Ineris. Bientôt en ligne sur le site de l'institut, le Guide pour la prise en compte des évolutions organisationnelles dans la gestion des risques est directement issu d'une étude compara tive menée sur l'aéronautique, le nucléaire et les ICPE. « Si les deux premiers secteurs prennent en compte depuis longtemps les FOH, ce n'est pas le cas des ICPE regroupant des myriades d'entreprises de taille et d'organisation différentes et aux procédés technologiques divers », précise Ludovic Moulin. C'est à leur intention que l'Ineris a rédigé cet outil pratique qui, à travers trois études de cas, fournit une méthodologie pour estimer l'impact de changements tels l'arrivée d'un nouvel exploitant, la modification des caractéristiques de la fonction sécurité et le remplacement de personnel à des fonctions clés pour la sécurité. D'autres publications sont prévues en 2015 : sur l'évaluation des processus de retours d'expérience, du risque des activités sous-traitées et des systèmes de gestion de la sécurité. DB