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Lubrizol : Le discours sécurisant des autorités sur l’amiante tranche avec la réserve sur les autres polluants

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Lubrizol : Le discours sécurisant des autorités sur l’amiante tranche avec la réserve sur les autres polluants
Par Laurence Madoui, le 14 octobre 2019
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Dans la matinée du 11 octobre, le gouvernement installait à Rouen un « comité pour la transparence et le dialogue », voué à assurer « un suivi, dans la durée, des conséquences » de l’incendie de l’usine Lubrizol et à « partager toutes les informations », selon la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. L’après-midi, les associations de victimes de l’amiante défilaient à Paris pour dénoncer les « mensonges » des pouvoirs publics.

Il n’y a pas de « risque avéré » lié à l’amiante, assuraient les services de la préfecture de Seine-Maritime le 1er octobre. La veille, l’association Robin des bois signalait la projection, la nuit de l’incendie de Lubrizol (26-27 septembre), de « plusieurs fragments » de la toiture - amiantée - de l’usine « sur les hauteurs de Rouen à plus de 3,5 km du sinistre ».
L’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) juge « aberrant » que « vingt-deux ans après l’interdiction de l’amiante, cette toiture n’ait pas été enlevée, a fortiori sur un site classé Seveso ». Dans le cortège réuni à Paris huit jours après la catastrophe industrielle, un Rouennais s’interroge sur le statut de Normandie Logistique, l’entreprise voisine de Lubrizol1 qui « stocke des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (benzène, produits chlorés) sans relever du régime Seveso. »

Déni

L’Andeva qualifie d’« irresponsable et stupide » le discours des autorités. « Le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement parade devant la presse en annonçant une concentration de 4,8 fibres d’amiante par litre d’air, inférieure au seuil de déclenchement des mesures de protection de 5 F/l. Mais cela fait dix ans que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail demande la division de cette valeur par dix (à 0,47 F/l), ce qu’il sait très bien, s’emporte son secrétaire national, Alain Bobbio. Nos santés et nos vies sont dans les mains de personnes qui sont dans le déni pur et simple. »

Le seuil réglementaire de 5 F/l, fixé en 2011, correspondait au niveau de pollution en milieu urbain dans les années 1970. En 2012, le Laboratoire d’étude des particules inhalées de la ville de Paris estimait ce bruit de fond descendu à 0,08 F/l2.

Approximation

L’association Urgence Amiante Ecoles doute aussi des résultats officiels. « Les premières mesures ont porté sur le sol et l’air ambiant au sein de l’usine, 48 heures après l’accident : trop tard pour déceler une pollution survenue durant l’incendie car les fibres ultrafines d’amiante ont eu le temps de se disperser, relève son président, Cyril Verlingue. Les documents publiés par la préfecture n’indiquent pas les conditions météorologiques qui prévalaient lors des prélèvements dans l’air – précision requise par la norme de mesure de l’empoussièrement (NF en Iso 16000-7). La pluie fait retomber les fibres, le vent les chasse. » Le 29 septembre, le nuage de fumées atteignait les Pays-Bas. L’amiante n’a pas été recherché dans les suies.

Cyril Verlingue rappelle « la propriété du matériau à résister au feu : il ne saurait disparaître dans l’incendie. Curieusement, les autorités sont très affirmatives sur l’amiante – dont on sait la présence généralisée dans les bâtiments de tout type - et prudentes sur les produits chimiques ».

Précipitation

A minima, « il fallait connaître les résultats d’analyses avant d’envoyer des agents communaux nettoyer les écoles, poursuit celui qui se présente sur Twitter comme « prof en lycée amianté ». Or, ces personnels, non formés au risque amiante, ont été dépêchés dès le 28 septembre, sans protection adéquate. »

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, admet que « tant que la totalité des prélèvements et des recherches de polluants » n’ont pas abouti, « on ne peut être totalement rassurant ». Tout en déclarant, le 13 octobre, que les Rouennais « peuvent reprendre une vie normale ». Pas forcément l’avis des femmes enceintes, dont certaines « envisagent d’avorter », signalait deux jours plus tôt une manifestante rouennaise. 


1 : mise en cause dans le déclenchement du sinistre par le fabricant d’additifs pour lubrifiants, dont 5.253 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée, s’ajoutant à l’explosion de la toiture en fibrociment (8.000 m2, 140 tonnes).
2 : la Direction générale de la santé a lancé, mi-septembre, un appel d’offres sur la réalisation d’une étude d’impact économique et sanitaire d’un abaissement du seuil de santé publique.
Crédit : Laurence Madoui
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