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Tribune | « Pollution lumineuse : l'éclairage public intelligent pour concilier développement durable et sécurité publique »

Par Fabrice Dudognon, Directeur France Électricité, Éclairage public & Smart City chez Itron. Publié le 30 mai 2022.
Tribune | « Pollution lumineuse : l'éclairage public intelligent pour concilier développement durable et sécurité publique »
Fabrice Dudognon, Directeur France Électricité, Éclairage public & Smart City chez Itron. Crédit : DR
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Au cours des vingt dernières années, la quantité́ de lumière émise a augmenté de 94 % en France pour le seul éclairage public, selon l’ANPCEN. L’excès d’éclairage artificiel constitue une source de perturbations pour l’homme, la biodiversité et représente un gaspillage énergétique considérable. Fabrice Dudognon, Directeur France Électricité, Éclairage public & Smart City chez Itron, revient sur les moyens apportés par l’éclairage public intelligent pour diminuer l’impact de la pollution lumineuse ainsi que de concilier développement durable et sécurité publique. 
 
La pollution lumineuse désigne les effets néfastes d’un éclairage artificiel excessif sur l’environnement et la santé, issu d’innombrables sources : éclairages urbains, enseignes publicitaires, vitrines de magasins, bureaux allumés en permanence. Si elle n’est pas toujours respectée et l’amende de 750 euros encourue rarement appliquée, une loi régit dorénavant l’éclairage nocturne des publicités, enseignes lumineuses et des bâtiments non résidentiels. 

En parallèle, une part non négligeable de la pollution lumineuse est attribuée à l’éclairage public (35 % à Paris selon l’AFE), notamment aux lampadaires omnidirectionnels qui éclairent nos villes. La prise de conscience ayant eu lieu, les collectivités locales sont engagées depuis plusieurs années pour sa diminution : en 2018, 70 % des métropoles prenaient en compte le volet biodiversité dans leurs politiques d’éclairage et la durée moyenne de fonctionnement de l’éclairage public a diminué de 24 % depuis 1990. 

Dans la lutte plus spécifique contre la pollution lumineuse, ont émergé diverses initiatives aux quatre coins de l’hexagone, consistant le plus souvent à une véritable « extinction des feux ». 

Une replongée dans l’obscurité ? 

En effet, des collectivités misent sur l’extinction de l’éclairage la nuit, sous plusieurs formes. Elle peut concerner l’ensemble du territoire communal ou seulement quelques quartiers, avec des plages horaires variables d’une commune à l’autre. 

Rennes, Niort, Limoges, La Rochelle, Poitiers… ne sont que quelques exemples de ces villes expérimentant, ou ayant expérimenté, l’extinction de l’éclairage public la nuit (de minuit à 5h du matin, en général). Si les résultats sont certes probants en matière d’économie d’énergie et de respect de la biodiversité, cette pratique est remise en cause, suscitant un sentiment d’insécurité pour les riverains. 

Car s’il est nécessaire de repenser la place de l’éclairage public et de réduire la pollution lumineuse associée, cela ne signifie pas nécessairement le sacrifice de l’éclairage, et la sécurité publique. 

La lumière au bon endroit, au bon moment et à la bonne intensité 

Parce que l’éclairage public réduit la criminalité, les accidents et le sentiment d’insécurité (91% des Français souligne le rôle de l’éclairage « pour renforcer les conditions de sécurité le soir et la nuit »), il ne semble pas opportun de s’en passer purement et simplement. Les municipalités peuvent faire de l’éclairage public un outil fonctionnel permettant d’éclairer justement et efficacement. 

La rénovation du parc globalement vétuste - le Syndicat de l’éclairage estime qu’au moins 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans - est l’opportunité pour migrer vers un éclairage « intelligent ». La première étape consiste à remplacer les traditionnelles lampes à incandescence et halogènes par des lampes LED, moins énergivores, dotées d’une plus longue durée de vie, et surtout en capacité de moduler leur intensité lumineuse. 

Puis chaque collectivité doit réaliser un état des lieux afin de définir le « scénario d’éclairage » - quand et qu’est-ce qu’elle veut éclairer - le plus adapté à une commune donnée, à la fois économiquement et environnementalement plus viable, mais demeurant acceptable par ses administrés. En effet, que l’on se trouve en milieu urbain ou rural, chaque collectivité doit imaginer son propre scénario. 

Un certain nombre d’expérimentation sont actuellement en cours avec la mise en place d’un système d’éclairage « intelligent » intégré aux luminaires. Dans ce système, les luminaires sont connectés entre eux et dotés d’un capteur de détection de présence permettant, par exemple, de créer un chemin lumineux. Le dispositif permet une gradation de l’éclairage nocturne : l’éclairement faible de la rue, un mode veille, remonte instantanément lorsque les capteurs détectent un piéton, un cycliste ou une voiture. 

Les collectivités ont leur rôle à jouer dans la diminution de la pollution lumineuse. Et cela passera assurément par la mise en place d’un éclairage intelligent performant. Il faut donc que les villes disposent des données permettant d’analyser les flux humains et la réalité de leur territoire, et d’exploiter ces données pour prendre les meilleures décisions et transitionner vers des solutions adaptées, évolutives et connectées. Toutes n’ont pas encore les moyens techniques de le faire et beaucoup doivent encore investir dans une nouvelle infrastructure pour y parvenir. Les petites communes ne doivent pas être en reste et peuvent par exemple recourir au Conseil en Énergie Partagé (CEP) de l’ADEME.
 
L’investissement est certes un frein à la mise en place de tels systèmes. C’est pourquoi il est nécessaire de penser bien en amont les besoins et les possibilités de chaque collectivité. Il est également indispensable de prévoir l’étape d’après avec la « ville intelligente ». En effet, la modernisation de l’éclairage public et son « intelligence » doit être considérée comme la fondation des premiers cas d’usage de la ville de demain. Avec des retours sur investissement de l’ordre de 10 à 15 ans et des budgets de plus en plus restreints, le pas est quelque fois difficile à franchir mais je reste malgré tout persuadé que l’éclairage public intelligent et connecté est un outil indispensable dans notre quête d’un monde social et durable. 
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