Comme le fut la qualité en son temps, l'environnement est une fonction transversale difficile à caser dans l'organigramme des structures professionnelles, qu'il s'agisse d'associations, d'industries, de collectivités locales ou d'entreprises de services. D'autant plus difficile à situer qu'elle est en train de glisser vers un autre intitulé : le développement durable. « Le champ de l'environnement n'étant pas clairement identifié, l'emploi correspondant ne peut faire l'objet d'un suivi statistique », conclut entre autres une mission d'inspection commune à l'Igas et l'IGE1 sur l'emploi dans le domaine de l'environnement et les dispositifs d'aide à l'emploi. Toutefois, au cours des années 1990, la fonction s'est professionnalisée et, en plus de rayonner dans toutes les autres directions, est souvent devenue un service à part entière. Celui ou celle qui l'occupe s'appelle ici correspondant environnement, là directeur QSE, là-bas responsable écomanagement. Tous ces postes forment la galaxie des écométiers, dont on nous a souvent dit qu'elle allait en grossissant. L'Ifen avance une croissance de 3,1 % par an depuis 1997 (malgré un tassement en 2004), « soit une moyenne de 10 000 emplois de plus chaque année »² sur le périmètre des « activités économiques liées à l'environnement », constituées de 370 500 postes en 20043. Mais attention ! Les métiers de l'environnement sont souvent des adaptations de métiers déjà existants. Un coup de peinture verte, et un chef de service développement coiffe la casquette de responsable environnement. Les technologies moins polluantes de demain seront élaborées par des ingénieurs pur jus, formés aux enjeux environnementaux dès l'école. Et souvenez-vous : la pile à combustible date de 1839, les biocarburants d'Henry Ford d'il y a plus d'un siècle, et l'éolienne... de Mathusalem !
Déséquilibre
Cela étant, la fonction séduit. Témoin le foisonnement de formations sur le sujet. Leur nombre est passé de 220 en 1994 à 420 en 1997, puis à 600 en 2002 dans le supérieur (hors doctorat) selon l'Ifen4, qui anime l'excellent Observatoire des réseaux et métiers de l'environnement (Orme), en sommeil actuellement suite au départ de Christophe Lowezanin. Ces formations « ne répondent que très imparfaitement aux besoins des employeurs », notent l'Igas et l'IGE. En effet, en plus de nourrir un déséquilibre quantitatif entre offres et demandes d'emploi toutes filières confondues, elles continuent de drainer les jeunes vers les filières les moins recruteuses, comme la protection de la nature et la gestion des milieux, alors que les opportunités d'emploi se trouvent en majorité dans la gestion et le traitement des pollutions, l'eau et les déchets pour l'essentiel, à des niveaux de qualifications moins élevés (lire p. 107). Dans notre sondage, vous êtes 22 % à vous dire technicien et 43 % ingénieur. Vous exercez majoritairement dans l'industrie ou en bureau d'études, vraiment par conviction ; relevez pour moitié d'un service environnement formalisé ; possédez un diplôme de 2e ou 3e cycle universitaire voire un diplôme d'ingénieur ; êtes représenté dans toutes les tranches d'âge mais surtout celle de 30 et 40 ans, et vous situez majoritairement dans la tranche de salaire de 20 000 à 40 000 euros. Ainsi se dessine le portrait-robot du responsable environnement. Nous vous offrons 36 pages pour l'affiner.