La prise de conscience environnementale monte doucement dans le secteur de l'éclairage. À commencer par l'éclairage public (lire EM n° 1647, p. 29). Le fabricant Thorn, par exemple, a mis au point une lanterne d'éclairage public routier, Oracle, « en tenant compte des contraintes liées à l'exploitation, aux consommations d'énergie et à la protection de l'environnement ». Mais ces efforts rayonnent aussi dans l'éclairage individuel. Qu'il s'agisse d'éclairage nomade, comme avec cette lampe solaire rechargeable de Soltys dotée de dix diodes, ou d'éclairage fixe domestique. Récemment, le Groupement interprofessionnel du luminaire (GIL) a décerné des trophées de l'écoconception, au terme d'un concours inédit qui avait présélectionné dix produits sur une vingtaine de dossiers. Chacun a reçu une bourse de 1 500 euros pour présenter un prototype, l'Ademe promettant un deuxième coup de pouce à la commercialisation du produit. L'écoconception comptait pour la moitié de la note (voir détail en encadré). Le Gil avait prévenu dès le départ : « Les halogènes et lampes à incandescence ne seront pas acceptés car trop coûteux en énergie consommée. »
Le gagnant, une veilleuse décorative pour chambre d'enfant ou table de restaurant, comporte une diode intégrée dans le corps de la lampe, en acier inoxydable. FD Éclairage, son concepteur, l'a fixée au fond d'un tube métallique qui représente une fausse bougie, intercalé entre le socle et un diffuseur opalin tronconique. En somme, une fois la source lumineuse hors d'usage, la lampe entière est bonne à jeter ! N'est-ce pas là tout le contraire de l'écoconception ? Non, car FD Éclairage promet « onze années de fonctionnement sans interruption » et un recyclage aisé des composants puisque la structure est en métal. Le dossier arrivé deuxième, présenté par la société Tombées des nues, sollicite aussi beaucoup l'acier, et mise sur le réemploi voire le détournement d'objet : le luminaire s'utilise en applique murale, en étagère ou en table basse lumineuse. À noter aussi des modèles à monter soi-même, présentés à plat, et cette Box Light cubique en carton d'où émerge une ampoule nue.
Les organisateurs du concours, qui ont remis leurs prix lors du salon Equip'Hôtel début novembre, se disent surpris par la qualité des dossiers. « On ne s'attendait pas à ce que les gens s'impliquent de la sorte. Ils se sont posé de vraies questions », reconnaît Pierre Jaudon, du cabinet Stipe, qui a accompagné le Gil dans cette opération. Tous ont travaillé sur l'emballage, mais peu sur le transport. Il faut dire que pour beaucoup, c'était leur première expérience d'écoconception. « Nous n'étions sensibilisés qu'aux économies d'énergie, qui se traduisent sur les factures d'électricité des usagers », reconnaît celui-là. Bémol de taille : les candidats ont eu du mal à manipuler l'Eco-Indicator 99 pour calculer le score environnemental de leur produit. Une difficulté qu'on reproche souvent à l'exercice. Mais on n'écoconçoit pas en deux coups de crayon...