Fruit de quinze ans de travaux au CEA, le Mobilibs d'Ivéa constitue un saut technologique en analyse non destructive. Il est dérivé du LIBS (Laser Induced Breakdown Spectroscopy), certes connu, mais dont la mise en oeuvre en machine de routine est totalement nouvelle. Son principe : appliquer sur n'importe quelle matrice une impulsion laser afin de créer un microplasma. Les éléments composant ce gaz ionisé émettent un rayonnement mesuré par spectroscopie optique pour qualifier les éléments et leur concentration. Cette méthode ne demande aucune préparation d'échantillon. Le résultat s'obtient quasiment en temps réel, et la limite de détection est de l'ordre du ppm. Enfin, l'appareil couvre toute la table de Mendeleïev, y compris les éléments légers. Pour Ivéa, société créée en décembre 2005, les perspectives de développement sont immenses : analyse des gaz et des aérosols, de l'eau, mais aussi des matières solides. Le Mobilibs pourrait ainsi détecter des matières dangereuses dans les matériaux, mais surtout, estime Philippe Icart, directeur commercial d'Ivéa, servir au tri des déchets. On peut également imaginer de surveiller la végétation pour cartographier des dépôts aériens. Ivéa pense aussi aux sols pollués, où les demandes sont nombreuses. « Nous répondons au cas par cas, car si le Mobilibs a un spectre d'application très large, nous pouvons développer des outils plus spécifiques et moins chers », explique le directeur commercial. La gamme d'Ivéa s'est déjà élargie avec l'Ofilibs, qui utilise une fibre optique pour des analyses à 100 ou 200 m de distance