Saint-Gobain Isover débute la construction de sa troisième usine de laine de verre française, à Chemillé (Maine-et-Loire). Ce site se présente comme une filière de reprise du verre d'emballage usagé, quelle que soit sa couleur. Si le four est capable d'absorber jusqu'à 95 % de calcin, les responsables d'Isover pensent n'en incorporer, à terme et comme dans les autres usines françaises, que 45 à 50 %, dont des rebuts de fabrication, compte tenu de la qualité et de la quantité de calcin du marché français, pas toujours au rendez-vous. Mais ce n'est pas de gaieté de coeur : « L'utilisation de calcin est pour nous très avantageuse puisqu'elle permet d'économiser de l'énergie en diminuant la température du four », explique Laurent Pierucci, responsable du développement industriel chez Isover. La proportion de calcin incorporable dépend de la qualité du verre récupéré et de sa pureté, afin de garantir de bonnes propriétés du produit fini, en particulier sa biosolubilité (capacité à se dissoudre dans les alvéoles pulmonaires à l'état de poudre et donc d'éviter son accumulation). Le site de Chemillé cherche actuellement des fournisseurs de calcin d'emballage prêt à enfourner, le centre de préparation du verre le plus proche étant à Cognac (Charente). Le recyclage en laine de verre s'inscrit dans les filières couvertes par la garantie de reprise des sociétés agréées pour le recyclage des emballages ménagers. À Chemillé, la production, destinée à l'Ouest de la France, est estimée à 70 000 tonnes par an à moyen terme. Après une dépense de plus de 100 millions d'euros, l'ouverture de l'usine est prévue fin 2008 ou début 2009.