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L'union fait la méthanisation

LA RÉDACTION, LE 1er OCTOBRE 2007
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Sur le marché porteur de la méthanisation, les gisements agroalimentaires et d'élevage agricole sont encore sous-exploités. Car l'utilisation d'un seul type de déchet est souvent à l'origine de dysfonctionnements techniques ou ne garantit pas un équilibre financier. « Sur dix projets potentiels de biogaz à la ferme, sept ne sont pas viables en restant isolés », confirme Christian Couturier, responsable du pôle déchet, énergie, biomasse chez Solagro. « Le traitement des déchets n'est pas le métier des agro-industriels », constate Jean-Luc Le Souder, de la société d'ingénierie Adelis. D'où l'émergence de projets associant agriculture et industrie, voire collectivités. Les principaux éco-industriels ne s'y trompent pas en élaborant des offres de prestations même si les détenteurs de déchets préfèrent souvent gérer eux-mêmes leur projet. En dépit de l'échec de Lannilis (29), plusieurs dossiers du même type sont en cours. Le plus abouti est celui de Geotexia, à Méné en Bretagne (cf. EM n° 1640), mené par Adelis (filiale Idex). Se montent aussi un dossier à Thouars (Deux-Sèvres), un autre en Vendée, un encore en Alsace. Naskéo Environnement, spécialiste de la méthanisation, admet travailler sur six projets. La France suit en cela le modèle danois, très favorable aux unités centralisées multiflux, longtemps considéré comme difficile à transposer. Aujourd'hui, dans l'Hexagone, le contexte est plus favorable du fait d'un tarif de rachat de l'électricité garanti et d'une sensibilité croissante des industriels aux émissions de CO2. Les experts du secteur sont formels : l'association des flux agricoles et industriels ne présente que des avantages. Économiquement, cette diversité est plutôt sécurisante. D'une part, le caractère plus méthanogène des déchets graisseux ou protéiniques (jusqu'à vingt fois plus qu'un lisier) contribue à la rentabilité de l'installation. D'autre part, les déchets industriels constituent une recette financière tout en réduisant le coût de traitement pour leur producteur. « Le minimum est de 20 % de déchets payants pour équilibrer un projet », estime Pierre-Emmanuel de Sèvres, chargé de mission à la communauté de communes de Thouars. À Méné, les responsables de Geotexia ont préféré 45-55 du fait de contraintes d'exploitation locales plus coûteuses. Une synergie incontestable Enfin, la présence d'industriels dans le montage s'avère indispensable pour valoriser la vapeur ou l'eau chaude, autre clé du dispositif. Techniquement, en facilitant la conduite de l'unité, les flux sont très complémentaires. Le lisier apporte l'eau nécessaire à la méthanisation des déchets solides et assure une fonction tampon. « Les lisiers ou fumiers sont une base stable en permanence et contiennent les bactéries nécessaires. C'est plus simple à gérer que des déchets végétaux ou graisseux de l'industrie et cela évite les risques d'acidification et de variation dans la production du biogaz », explique Christian Couturier. Au plan agronomique, le digestat et le compost obtenus sont aussi plus intéressants car la concentration en NPK (azote, phosphore et potassium) à la tonne est plus élevée, et l'azote, directement assimilable par les plantes, peut se substituer aux engrais chimiques. La réussite des projets mutualisés s'explique par ailleurs par la logique territoriale des partenaires. « Ce sont des groupements constitués d'agriculteurs, parfois déjà associés à des industriels, qui souhaitent mettre en place des projets répondant à leurs besoins », constate Marc Bauzet, directeur commercial de Naskéo Environnement. Un des plus récents exemples est celui d'Obernai (67) où le projet porte sur 3 500 t/an. À l'origine, le lycée agricole produit chaque année 1 000 tonnes de fumier qu'il ne pouvait pas méthaniser faute de débouché pour la chaleur. « C'est à l'occasion d'une visite d'élèves à l'usine voisine de Stoeffler que l'idée de vendre cette chaleur pour les opérations de nettoyage de l'agro-industriel a germé », explique Freddy Merkling, directeur de l'exploitation agricole du lycée. Ensuite, tout s'est enchaîné pour ajouter à la méthanisation les 50 tonnes de boues grasses et protéiques générées par le nettoyage ainsi que d'autres gisements non traités sur le territoire (déchets verts et déchets fermentescibles des supermarchés). « L'utilisation d'engrais organiques facilement assimilables pour maîtriser la fertilisation des cultures est un atout supplémentaire pour protéger la nappe phréatique peu profonde », ajoute Freddy Merkling. Stoeffler fera ainsi une économie de 50 % sur le traitement de ses boues et sur l'eau chaude. À Thouars, cet enjeu local a convaincu la communauté urbaine de porter le projet malgré son absence de besoins propres. Chez Valorem, autre société qui souhaite accompagner jusqu'à l'investissement des partenaires agricoles et industriels, on appelle cette stratégie « méthanisation territoriale partagée » comme l'explique Emmanuel Leheurteaux, responsable développement biogaz. En effet, si à Obernai les partenaires ont constitué un GIP (groupement d'intérêt public) impliquant la collectivité, les industriels et le lycée agricole qui exploitera l'unité, tous n'ont pas les compétences techniques et les ressources financières suffisantes. À Méné, aux côtés des agriculteurs à l'origine du projet, Adelis (groupe Idex) a investi 30 % dans la future unité, tout comme la Caisse des dépôts et consignations ( CDC). S'il est indispensable que les principaux producteurs de déchets s'impliquent financièrement, ne serait-ce que pour pérenniser le projet, le poids de partenaires éco-industriels et financiers peut faciliter les montages. Sur le marché porteur de la méthanisation, les gisements agroalimentaires et d'élevage agricole sont encore sous-exploités. Car l'utilisation d'un seul type de déchet est souvent à l'origine de dysfonctionnements techniques ou ne garantit pas un équilibre financier. « Sur dix projets potentiels de biogaz à la ferme, sept ne sont pas viables en restant isolés », confirme Christian Couturier, responsable du pôle déchet, énergie, biomasse chez Solagro. « Le traitement des déchets n'est pas le métier des agro-industriels », constate Jean-Luc Le Souder, de la société d'ingénierie Adelis. D'où l'émergence de projets associant agriculture et industrie, voire collectivités. Les principaux éco-industriels ne s'y trompent pas en élaborant des offres de prestations même si les détenteurs de déchets préfèrent souvent gérer eux-mêmes leur projet. En dépit de l'échec de Lannilis (29), plusieurs dossiers du même type sont en cours. Le plus abouti est celui de Geotexia, à Méné en Bretagne (cf. EM n° 1640), mené par Adelis (filiale Idex). Se montent aussi un dossier à Thouars (Deux-Sèvres), un autre en Vendée, un encore en Alsace. Naskéo Environnement, spécialiste de la méthanisation, admet travailler sur six projets. La France suit en cela le modèle danois, très favorable aux unités centralisées multiflux, longtemps considéré comme difficile à transposer. Aujourd'hui, dans l'Hexagone, le contexte est plus favorable du fait d'un tarif de rachat de l'électricité garanti et d'une sensibilité croissante des industriels aux émissions de CO2. Les experts du secteur sont formels : l'association des flux agricoles et industriels ne présente que des avantages. Économiquement, cette diversité est plutôt sécurisante. D'une part, le caractère plus méthanogène des déchets graisseux ou protéiniques (jusqu'à vingt fois plus qu'un lisier) contribue à la rentabilité de l'installation. D'autre part, les déchets industriels constituent une recette financière tout en réduisant le coût de traitement pour leur producteur. « Le minimum est de 20 % de déchets payants pour équilibrer un projet », estime Pierre-Emmanuel de Sèvres, chargé de mission à la communauté de communes de Thouars. À Méné, les responsables de Geotexia ont préféré 45-55 du fait de contraintes d'exploitation locales plus coûteuses. Une synergie incontestable Enfin, la présence d'industriels dans le montage s'avère indispensable pour valoriser la vapeur ou l'eau chaude, autre clé du dispositif. Techniquement, en facilitant la conduite de l'unité, les flux sont très complémentaires. Le lisier apporte l'eau nécessaire à la méthanisation des déchets solides et assure une fonction tampon. « Les lisiers ou fumiers sont une base stable en permanence et contiennent les bactéries nécessaires. C'est plus simple à gérer que des déchets végétaux ou graisseux de l'industrie et cela évite les risques d'acidification et de variation dans la production du biogaz », explique Christian Couturier. Au plan agronomique, le digestat et le compost obtenus sont aussi plus intéressants car la concentration en NPK (azote, phosphore et potassium) à la tonne est plus élevée, et l'azote, directement assimilable par les plantes, peut se substituer aux engrais chimiques. La réussite des projets mutualisés s'explique par ailleurs par la logique territoriale des partenaires. « Ce sont des groupements constitués d'agriculteurs, parfois déjà associés à des industriels, qui souhaitent mettre en place des projets répondant à leurs besoins », constate Marc Bauzet, directeur commercial de Naskéo Environnement. Un des plus récents exemples est celui d'Obernai (67) où le projet porte sur 3 500 t/an. À l'origine, le lycée agricole produit chaque année 1 000 tonnes de fumier qu'il ne pouvait pas méthaniser faute de débouché pour la chaleur. « C'est à l'occasion d'une visite d'élèves à l'usine voisine de Stoeffler que l'idée de vendre cette chaleur pour les opérations de nettoyage de l'agro-industriel a germé », explique Freddy Merkling, directeur de l'exploitation agricole du lycée. Ensuite, tout s'est enchaîné pour ajouter à la méthanisation les 50 tonnes de boues grasses et protéiques générées par le nettoyage ainsi que d'autres gisements non traités sur le territoire (déchets verts et déchets fermentescibles des supermarchés). « L'utilisation d'engrais organiques facilement assimilables pour maîtriser la fertilisation des cultures est un atout supplémentaire pour protéger la nappe phréatique peu profonde », ajoute Freddy Merkling. Stoeffler fera ainsi une économie de 50 % sur le traitement de ses boues et sur l'eau chaude. À Thouars, cet enjeu local a convaincu la communauté urbaine de porter le projet malgré son absence de besoins propres. Chez Valorem, autre société qui souhaite accompagner jusqu'à l'investissement des partenaires agricoles et industriels, on appelle cette stratégie « méthanisation territoriale partagée » comme l'explique Emmanuel Leheurteaux, responsable développement biogaz. En effet, si à Obernai les partenaires ont constitué un GIP (groupement d'intérêt public) impliquant la collectivité, les industriels et le lycée agricole qui exploitera l'unité, tous n'ont pas les compétences techniques et les ressources financières suffisantes. À Méné, aux côtés des agriculteurs à l'origine du projet, Adelis (groupe Idex) a investi 30 % dans la future unité, tout comme la Caisse des dépôts et consignations ( CDC). S'il est indispensable que les principaux producteurs de déchets s'impliquent financièrement, ne serait-ce que pour pérenniser le projet, le poids de partenaires éco-industriels et financiers peut faciliter les montages.


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