Actuellement, en Europe, les liquides organiques (huiles et solvants) contaminés par des radionucléides (césium, plutonium, uranium) sont dépourvus de solution de traitement, n'étant ni incinérables ni recyclables. Ils sont issus d'activités de recherche nucléaire, de sites militaires, d'opérations de nettoyage ou de démantèlement, et sont en général stockés sur place. Ils représentent 1 000 tonnes en France. Drewdrops, une jeune société tout juste sortie de l'incubateur de l'École des mines de Douai, propose une solution biologique pour réduire drastiquement leur volume. Les inventeurs ont identifié des souches de micro-organismes adaptées et capables de supporter ces matrices radioactives. L'huile est consommée par ces micro-organismes qui fixent les radionucléides et sont ensuite eux-mêmes mangés par d'autres souches. Cet enchaînement minimise ainsi le volume des boues produites. Le résidu est alors minéralisé par oxydation chimique. « Au final, nous obtenons un déchet minéral solide représentant moins de 1 % en masse des effluents organiques de départ, plus facilement stockable, ininflammable et sans risque de fuite dans l'environnement », constate William Everett, le fondateur de l'entreprise. Si c'est nécessaire, un prétraitement est prévu pour éliminer les additifs bactéricides ou antioxydants ajoutés pour prolonger la durée de vie des huiles. Pour Drewdrops, qui a validé son prototype à la fois sur des huiles non contaminées et sur des effluents radioactifs, l'enjeu était de garantir des résultats fiables sur des petits lots très divers, tout en gardant une gestion automatisée du procédé. Ce savoir-faire pourrait être transféré à d'autres types d'effluents, tels que des huiles chargées en chrome.