Si vous ne savez pas ce qu'est un MDP, ne cherchez pas sur le site de la Mission interministérielle de l'effet de serre ( Mies). En effet, le moteur de recherche vous répondra laconiquement ne prendre en compte que les mots d'au moins quatre lettres ! Le MDP, pour « mécanisme de développement propre », et sa soeur la MOC, pour « mise en oeuvre conjointe », sont des créations du protocole de Kyoto. Tous deux appartiennent aux mécanismes dits de flexibilité, qui permettent à des industriels de développer des projets émettant moins de gaz à effet de serre ailleurs que sur leurs propres sites et d'acquérir ainsi des crédits carbone. Selon la localisation du projet, on parle de MDP dans les pays en développement et de MOC dans les pays développés, tous évidemment signataires du protocole. Mais ne bénéficie pas de crédits carbone qui veut ! Pour être labellisés Kyoto, les projets doivent être validés par le pays hôte et remplir deux conditions majeures : générer des réductions d'émissions mesurables et vérifiables et, surtout, supérieures à celles qui auraient été obtenues en l'absence de mécanisme (critère dit d'additionnalité). Une procédure si lourde qu'elle n'a séduit que six industriels français ! Les permis domestiques, auxquels Jean-Louis Borloo vient de donner le feu vert, rencontreront-ils plus de succès ? Ces MOC franco-français, qui représentent un gisement de 10 à 15 Mt de CO2 par an, ne concerneront que des projets types, référencés par la Mies. Captation du méthane des effluents d'élevage, réduction des HFC, réduction des consommations d'énergie et valorisation du gaz de décharge en carburant en sont les quatre premiers. La Caisse des dépôts a lancé un premier appel à projets.