L'augmentation de la concentration du calcium dans les effluents recyclés limite encore le recyclage et l'utilisation en circuit fermé des eaux de process. Elle accroît également les risques d'entartrage ou d'obturation des buses. Le procédé Bio-Dec d'abattement du calcium développé par la société italienne Austep, en partenariat avec l'université de Gand en Belgique, apporte une solution économique. La technique est en effet trois à quatre fois moins coûteuse que les procédés de précipitation chimique du calcaire. Elle est aussi très originale puisqu'elle utilise des bactéries transformant l'urée injectée en ammoniaque. Cette réaction augmente le pH dans le milieu et entraîne une précipitation du calcium sous une forme insoluble (CaCO3). Le Bio-Dec, dont plusieurs pilotes industriels fonctionnent déjà chez des papetiers belges et italiens, est particulièrement intéressant pour les sites industriels dotés d'une station d'épuration biologique. Cela permet d'y traiter dans une étape aérobie l'ammoniaque générée par Bio-Dec. Ce procédé pourrait intéresser tous les gros consommateurs industriels d'eau sous réserve qu'ils ne soient pas soumis à des contraintes sanitaires. Dans ce cas, l'emploi de bactéries peut être interdit ou une étape de désinfection en fin de recyclage imposée. Enfin, le procédé BioDec présente deux autres avantages : il facilite la déshydratation des boues en les structurant et il s'intègre facilement aux stations d'épuration existantes.