« Le porc, j'adore ! » Ce slogan, imaginé par la filière porcine pour les consommateurs, pourrait aussi servir à vanter les vertus énergétiques de cette industrie. À partir de février prochain, en effet, une unité de méthanisation entrera en fonctionnement dans une exploitation de 175 truies des Côtes-d'Armor (22). « Le digesteur sera alimenté par 3 000 t de lisier, 1 000 t de graisses issues de l'industrie agroalimentaire et 800 t de cultures énergétiques (trèfle, ray-grass, avoine...) », détaille Alain Guillaume. L'éleveur, installé à Plélo, a visité en 2003 des installations similaires en Allemagne, puis répondu à un appel à projets de l'Ademe lui permettant d'obtenir une étude de faisabilité. Son installation, conçue par Methafrance, filiale de la coopérative Le Gouessant et de l'entreprise allemande Hochreiter, bénéficie d'une technologie fonctionnant déjà outre-Rhin dans 4 000 exploitations. Le lisier, les déchets verts et les graisses sont dégradés par des bactéries anaérobies dans des cuves. Le gaz généré fera tourner un moteur entraînant une turbine de 130 kW électriques, dont la production sera vendue à EDF. Les 150 kW de puissance thermique récupérés via le circuit de refroidissement du moteur chaufferont un bâtiment de post-sevrage. La production électrique devrait atteindre un million de kilowattheures par an, de quoi espérer 140 000 euros de recettes, selon Alain Guillaume. La centrale, d'un coût de 600 000 euros, bénéficie de subventions de la région Bretagne et de l'Ademe, pour un montant de près de 240 000 euros.