On peut être à la fois un vieux monstre de béton et un exemple de HQE. L'ancienne fonderie de Mulhouse le prouve, maintenant qu'elle est devenue un bâtiment universitaire, cet automne. Tout en conservant l'ossature de béton qui lui donne une allure de vaste cathédrale, longue de 125 mètres et soutenue par des arches à 14 mètres de hauteur, la Serm (société d'économie mixte de Mulhouse) et le cabinet d'architectes alsacien Mongiello-Plisson ont rendu leur projet éligible à la démarche expérimentale HQE bâtiment tertiaire de l'Ademe et du CSTB. L'ex-fonderie respecte les 14 cibles de la haute qualité environnementale, dont trois (relation avec l'environnement, confort hygrothermique, qualité de l'eau) avec la mention « très performant ». Le tri des déchets, le recyclage des déblais et des scories en sous-couches routières et en merlons antibruit ont hissé le chantier au grade de « chantier à faible nuisance ». Les lasures à l'eau sur les bétons, les protections antibruit intérieures qu'apportent la verrière et les panneaux métalliques perforés, les 286 m² de panneaux photovoltaïques illustrent aussi le souci environnemental. Mais la grosse contribution vient de l'énergie. Une pompe air-eau transfère les calories en appoint de la chaudière à gaz. L'auguste bâtiment de 20 000 m² des années 1920 utilise une ventilation à double flux et s'est paré de brise-soleil. « Avant le premier hiver, nous manquons encore de données fiables sur la consommation énergétique, mais nous ne nous faisons pas de souci quant au bilan », indique l'architecte Christian Plisson. Selon la Serm, le surcoût lié à la HQE se limite à 871 000 euros, sur un total de 38 millions.