Depuis le 1er décembre, c'est la collectivité locale qui exploite Arthélyse, l'usine de traitement des ordures ménagères par thermolyse d'Arras, en lieu et place du constructeur Thide. Le syndicat mixte Artois valorisation ( Smav) a en effet trouvé un accord avec son prestataire pour poursuivre l'exploitation à sa place et ainsi éviter le pire : la fermeture de l'usine, qui lui pendait au nez dans la mesure où Thide allait droit vers la cessation de paiement et où le Smav n'a toujours pas officiellement réceptionné un équipement tournant à 35 000 t /an au lieu des 50 000 prévues. Au préalable, le syndicat avait dénoncé le contrat, le tribunal administratif l'ayant déconseillé de s'en tenir à un avenant, tant celui-ci aurait différé du marché initial et menacé de rendre nulle la transaction. Le 20 novembre, donc, collectivité et prestataire concluaient un accord qui évite d'ester en justice. Selon La Voix du Nord, cet accord prévoit que les actionnaires de Thide versent au Smav 10,5 millions d'euros pour solde de tout compte. Soit la moitié environ du chèque que le Smav leur avait signé quelques années plus tôt à l'attribution du marché de construction (23 millions d'euros en tout, dont 5 millions subventionnés par l'Ademe) ! Pour Thide, qui n'a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet ni sur un éventuel dépôt de bilan, le coup est rude, d'autant qu'il lui avait déjà fallu débourser 3 millions d'euros supplémentaires à l'été 2006 pour régler le process, handicapé par plusieurs « erreurs de design » (lire EM n° 1651 p. 32). Couplée aux frais d'envoi en décharge des 15 000 t/an excédentaires, cette rallonge a, selon La Voix du Nord, propulsé le coût de fonctionnement à la tonne à 90 euros, au lieu des 70 à 75 euros prévus. Soit près de deux fois ce que le Smav, appliquant une pénalité contractuelle, payait jusqu'alors à Thide (50 %26euro;/t). Le syndicat doit maintenant constituer une régie pour faire tourner l'usine dans les règles avec les 28 employés repris à Thide. Et continuer son combat pour espérer vendre son coke comme combustible de substitution, et ne plus avoir à payer pour l'évacuer en tant que déchet.