Fermée depuis 1945, la ligne de train Évreux-Rouen est un précieux vestige que la région Haute-Normandie s'apprête à exhumer. À ce jour, le car représente le seul mode de transport collectif reliant les chefs-lieux de l'Eure et de Seine-Maritime. Il a fallu attendre que Réseau ferré de France déclasse la ligne pour que les élus s'y intéressent et inscrivent, en 2006, le projet de réouverture à l'ordre du jour. Potentiel de la ligne : 2 500 voyageurs par jour. Coût des travaux : 135 millions d'euros. Actuellement, les études se poursuivent dans le cadre du contrat de projets État-Région 2007-2013. « Rien n'est arrêté, on en est aux hypothèses de tracé, en passant soit par Louviers, soit par Serquigny », détaille sur son blog Rachid Mammeri, élu régional et tête de liste PS pour les municipales à Évreux.
Car, à l'approche des élections, le dossier est devenu polémique. D'un côté, ses partisans pétitionnent pour que la Région presse le pas. De l'autre, les riverains de l'ancienne voie redoutent de perdre leur tranquillité. Un collectif d'associations, Halte au train, pointe les incohérences du dossier. À l'entendre, mieux vaut prendre sa voiture qu'emprunter une ligne qui apportera des nuisances (bruit, déchets) et traversera des coteaux classés Natura 2000. Selon Halte au train, la ligne menacerait aussi les voies vertes qui fleurissent sur les anciennes emprises. « N'exagérons rien, ce sont plus des monticules envahis par la végétation que des voies vertes réellement aménagées », tempère Yoann Gontier, délégué régional de Génération Écologie. Pour lui, le projet est légitime, à condition qu'on y mette des tram-trains, en lieu et place de trains Corail jugés bruyants. « Dans tous les cas, la concertation primera et des compensations seront prévues pour les riverains », a tranché Jean-Luc Destans, à la tête du conseil général de l'Eure. Verdict sur la faisabilité du projet à la fin de l'année.