Au moment où l'intergroupe déchets du Grenelle de l'environnement se mettait d'accord sur des objectifs de prévention et d'alternatives à l'enfouissement et à l'incinération (voir notre tableau pp. 16-17), la ville de Paris faisait de même en adoptant, à l'unanimité, un plan de prévention des déchets. Trois ans après le lancement du plan du Syctom, qui fixait 300 000 tonnes de déchets en moins à enfouir ou à incinérer d'ici à 2009 (et qui semble commencer à porter ses fruits), le plan parisien propose 15 % de déchets en moins d'ici à 2020. Soit 180 000 tonnes sur un gisement annuel d'environ 1,2 million. Allié à un recours plus important au tri, cet effort à la source devra permettre de réduire les quantités à incinérer, respectivement, de « 20 % sur la nouvelle usine d'Issy-les-Moulineaux et de 40 % sur celle qui prendra la suite d'Ivry-Paris XIII », où il est d'ores et déjà prévu de greffer une ligne de méthanisation. Le plan se décline en cinq axes. Un : une consommation éco-responsable, avec mise au ban des sacs de caisse, bouteilles d'eau et autres prospectus, et lancement d'un programme Reduce sur un quartier de 50 000 habitants (lire EM n° 1662 p. 10). Deux : réhabiliter le réemploi, avec flux spécial dans les déchèteries, journée de la réparation et développement des ressourceries sur le modèle d'Interloque (lire EM n° 1659 p. 16). Trois : sensibiliser les professionnels, avec collectes spécifiques des papiers de bureau ou d'huiles alimentaires. Quatre : affiner le contenu du bac jaune, celui des déchets recyclables, qui comporte encore trop d'erreurs de tri, en promouvant les autres filières relevant de la responsabilité élargie du producteur (piles, DEEE, textile, etc.). Enfin cinq : montrer l'exemple, en générant moins de déchets dans les services de la mairie : actes papier dématérialisés, couches lavables dans les crèches, mobilier de foires réutilisable, etc