Malgré un intitulé trompeur, la Direction des études économiques et de l'évaluation environnementale (D4E) du Medad n'a pas voulu prédire l'avenir de la gestion des déchets. L'« analyse prospective » qu'elle livre entend plutôt donner aux acteurs de la filière des clés de compréhension et les guider dans l'élaboration de leurs politiques à l'horizon 2020. Quatre variables jouant un rôle déterminant dans les flux de déchets ont été identifiées : la réglementation de la mise en décharge, le financement du système, la performance du recyclage et la réduction à la source. En les modulant, l'analyse de la D4E aboutit à trois scénarios. Le premier propose de jouer sur la complémentarité entre le recyclage et la prévention des déchets, une synergie intéressante mais qui suppose une volonté politique forte. Pour l'encourager, il convient d'y ajouter une contrainte réglementaire sur l'enfouissement (taxe, refus d'accepter des déchets non inertes, etc.), mais assortis de moyens de contrôle pour lutter contre la fraude. C'est là le deuxième scénario. Enfin, le dernier, « en rupture avec le modèle actuel », propose de généraliser la responsabilité élargie du producteur, qui devient « l'élément structurant de l'ensemble de la gestion du déchet », appréhendée sur l'ensemble de son cycle de vie. Inconvénient : « cette solution ne permet pas de conclure clairement sur son efficacité en termes environnementaux ». En outre, deux effets pervers sont mentionnés. Privilégier le recyclage au détriment des autres impacts environnementaux des produits (fabrication, utilisation), et donner la primauté « à la logique économique », les producteurs restant maîtres de l'organisation du système, avec à la clé de possibles différences de rentabilité entre régions. Une approche « libérale » en somme, susceptible d'affaiblir les prérogatives des pouvoirs publics