Il ne faut surtout pas s'arrêter à son CV officiel ! Car passer du ministère de l'Intérieur au conseil général des Hauts-de-Seine, puis à l'Élysée entre 2003 et 2007, vous colle forcément une étiquette... Et ferait douter de votre expérience en matière d'environnement. En réalité, la nouvelle présidente de l'Ademe n'a pas un parcours aussi lisse que celui qu'elle affiche. En effet, derrière l'énarque se cache une championne de karaté. « J'ai été douze fois championne de France », avoue celle qui, pour mener une carrière sportive de haut niveau, avait choisi une formation courte de BTS de commerce international. Avant de se réorienter vers Sciences Po et l'Ena, et d'abandonner le sport. La suite est plus classique, et la conduit place Beauvau. « C'est Claude Guéant, alors directeur de cabinet, qui m'a demandé de suivre le sujet du développement durable. » Chantal Jouanno passe vite aux travaux pratiques au sein du conseil départemental du développement durable alto-séquannais, puis pour mettre en oeuvre la Stratégie nationale de DD du ministère, avant d'être nommée conseillère pour le DD à la présidence de la République. Grâce à elle peut-être, le palais de l'Élysée n'est pas totalement hermétique à l'environnement. « L'installation de panneaux solaires est prévue. Des ampoules basse consommation sont en place partout, sauf dans la salle des fêtes où ce n'est pas possible. Le recyclage du papier est plus compliqué. Mais un menu bio est servi tous les vendredis. » Aujourd'hui, à l'Ademe, elle a bien conscience de changer d'horizon. « La force de l'agence, c'est son indépendance et sa capacité d'expertise. L'Ademe n'est pas un cabinet ministériel. La faire entrer dans le débat politique serait la fragiliser »,
affirme-t-elle.