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RECYCLAGE

La route s'enrobe de développement durable

LA RÉDACTION, LE 1er AVRIL 2008
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Le chemin menant les professionnels de la route au développement durable est long et sinueux. Il n'a longtemps mené qu'à des considérations paysagères, avant que les questions d'économie de ressources puis de gestion des déchets (lire EM n° 1615, p. 49) ne le traverse. « Il y a plus de trente ans que des techniques d'économie de la ressource en granulats et de recyclage sont mises en oeuvre, non par souci environnemental mais plutôt économique », explique Michel Ducas, directeur des ressources techniques d'Eurovia. Les techniques de recyclage in situ se sont néanmoins multipliées et perfectionnées ses dernières années, tandis qu'apparaissaient sur le marché liants végétaux, enrobés à basse température ou silencieux et autres peintures de signalisation à l'eau. En parallèle, une approche globale est en train de se dessiner dans le département du Nord, inspirée de la haute qualité environnementale (HQE) pour le bâtiment (lire encadré). « Ce rapprochement entre les mondes de la route et du bâtiment est intéressant. L'innovation naît souvent de la rencontre de cultures différentes, commente Dominique Bidou, ancien président de l'Association HQE. Je pense qu'il est pertinent d'aller rapidement vers un système de certification, le seul moyen d'évaluer l'intégration de la démarche et le nombre de réalisations. » Mais il n'y a pas forcément besoin de certification pour voir évoluer les pratiques du couple maître d'ouvrage-entreprise exécutante. « Nous avons affaire à trois types de donneurs d'ordre publics. Ceux, les plus nombreux, qui acceptent la proposition de variantes à leur appel d'offres que l'entreprise répondante fait d'elle-même ; ceux qui les refusent, et ceux, encore trop rares à mon goût, qui réclament directement une solution « environnementale », témoigne Michel Ducas. Nous, nous proposons ce type de solution directement à nos clients privés ou dans le cadre de partenariats public-privé ». Chaussée tiède et recyclée « L'intérêt pour les variantes s'avère de plus en plus fort, constate effectivement Pierre Calvin, directeur commercial chez Colas. Mais souvent, au moment du choix final, la question financière prime. Pour l'anecdote, notre liant Végécol (lire EM n° 1635, p. 56) se vend davantage pour sa capacité à être coloré que lui confère sa transparence que pour ses vertus environnementales. » Notons que la filiale de Bouygues a également mis au point des enrobés fabriqués à des températures inférieures de 40 °C aux enrobés classiques (3E, lire EM n° 1641, p. 72), des asphaltes à basse température (Néophalte, lire EM n° 1623, p. 80), un fluxant végétal (Végéflux, lire EM n° 1662, p. 72), une gamme de produits de marquage thermoplastiques à base de coquilles d'huîtres (Ostréa) ou encore des peintures à l'eau. Eurovia (Vinci) propose les mêmes types de solutions : Viaphone (lire EM n° 1589, p. 41), enrobé à l'aspha-min (lire EM n° 1634, p. 58), etc. ainsi que plusieurs procédés de recyclage : Recyflex, Recycan (lire EM n° 1606, p. 64) ou Recyclovia (lire EM n° 1641, p. 70). Dans le même registre, la Fédération nationale des travaux publics ( FNTP), qui doit publier prochainement un dépliant intitulé « Huit rappels pour un écochantier », a primé fin janvier la société Appia Picardie (groupe Eiffage) et le conseil général de l'Oise pour leur combinaison inédite d'un enrobé à basse température et d'un procédé de retraitement in situ sur la même route départementale. L'ancienne chaussée a été retraitée à l'émulsion, grâce à une enrobeuse mobile à froid (EMF 200, procédé Biochape), pour reconstituer une nouvelle assise homogène, elle-même surmontée d'une couche de roulement en enrobé à basse température (EBT). « L'utilisation des deux procédés sur une même chaussée est particulièrement innovante », note la FNTP, qui y voit des « perspectives de développement ». L'opération aurait permis une baisse de la consommation de fuel de 51 000 litres, une économie de 9 000 tonnes de matériaux neufs et une « réduction significative du trafic des poids lourds, des vibrations et des nuisances sonores ». « Grâce au retraitement in situ, notre solution était moins chère que celle de base », commente Laurent Creton, responsable technique d'Eiffage TP. Un double argument que la collectivité semble avoir apprécié. « Calculette CO2 » Cette quatrième édition du concours environnement de la FNTP avait pour thème « les économies de ressources naturelles ». Le troisième prix est revenu à Guillermin TP pour sa méthode de réutilisation des déblais terreux ou mélangés mise en oeuvre à Péronnas (01). Le principe : identifier, cribler et mélanger avec de la chaux vive le matériau de terrassement, avant sa mise en remblai et son compactage. Enfin, un des deux prix spéciaux du jury a été remis à Eurovia Management pour son outil d'aide à la décision dénommé Gaïa. Le logiciel a été utilisé pour deux chantiers (enrobés tièdes et avec agrégats recyclés, recyclage en place à la mousse de bitume) en septembre dernier dans l'Essonne. « Nous proposons depuis l'an dernier le recours à ce logiciel en appui de nos propositions de variantes afin d'en montrer la pertinence. Il permet de quantifier les économies à la clé et donc de redonner la main au client qui choisit en connaissance de cause », explique Michel Ducas. Colas utilise aussi depuis quelques mois un « Ecologiciel » qui calcule les gains en termes de consommation d'énergie et d'émissions de CO2 de chacune des variantes proposées au maître d'ouvrage. Le groupe Eiffage est lui en train de mettre au point une « Calculette CO2 » qui proposera un bilan énergétique similaire. On regrettera toutefois que ces grandes entreprises n'aient pu collaborer pour mettre au point un seul et même outil, par exemple sous l'égide de la FNTP. De même, alors que les maîtres d'ouvrage s'ouvrent de plus en plus aux propositions de variantes, un pôle de compétitivité ou de compétences serait fort utile dans le secteur.


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