L'Institut français de l'environnement (Ifen) a sorti un bilan des pratiques environnementales des Français en 2005. Si le tri des déchets ou l'arrêt des veilles des appareils électriques sont entrés dans les moeurs, l'achat de produits biologiques ou la réduction des déchets restent plus rares. Plus intéressant, l'Ifen compare les comportements selon le type d'habitation, la catégorie socioprofessionnelle, la composition du ménage ou le type de commune. Il ressort que les familles aisées, en habitat individuel, d'âge moyen, sont les plus enclines à adopter des gestes favorables à l'environnement. Cependant, « ces résultats sur les pratiques environnementales ne permettent pas de tirer des conclusions concernant l'impact qu'ont réellement les ménages sur l'environnement », puisque ces ménages aisés sont aussi les plus consommateurs. L'Ifen classe les Français en six catégories, du « pas concerné » au « très engagé, pessimiste ». S'intéressant plus particulièrement à la voiture, emblématique de nos contradictions sur les questions d'environnement, l'Ifen montre que « le choix du mode de transport est quasiment indépendant de la sensibilité environnementale des individus », et dépend plutôt du lieu de résidence et de l'âge des personnes. « Cet exemple montre bien que le changement des comportements ne peut se résumer à la question de la sensibilisation de la population. Un certain nombre de nos pratiques sont insérées dans un tissu dense de contraintes matérielles qui peut limiter sévèrement le champ des possibles », souligne l'Ifen. À méditer par les responsables des politiques publiques et de l'urbanisme.
Les pratiques environnementales des Français en 2005, 70 pages, téléchargeable gratuitement sur www.ifen.fr