Les conclusions définitives de l'étude épidémiologique de l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur l'incidence de cancers à proximité des usines d'incinération de déchets confirment bien l'existence d'un lien significatif entre l'exposition passée et le risque de cancer. « Une exposition forte aux rejets atmosphériques des incinérateurs d'ordures ménagères dans les années 1970-1980 pourrait être associée, au cours de la décennie 1990, à une augmentation de 6 % de tous les cancers féminins, de 9 % des cancers du sein et de 18 % des lymphomes malins non hodgkiniens chez les femmes. Dans les mêmes conditions, l'excès de risques de lymphomes malins non hodgkiniens est de 12 % pour les deux sexes confondus et, chez les hommes, il est de 23 % pour les myélomes multiples », détaille l'InVS. Pour le SVDU, le syndicat des exploitants d'incinérateurs, ces chiffres témoignent d'une époque révolue. Il en veut pour preuve une autre étude de l'InVS de 2006, qui conclut à l'absence de différence d'imprégnation par les dioxines et les PCB entre riverains d'une UIOM et une population non exposée. Et si l'institut relève une influence quand le sujet a consommé des produits locaux, il précise bien qu'à proximité des installations récentes, il ne constate pas de réelles différences. Pour Sébastien Lapeyre, du Cniid, « ce n'est pas parce que les normes sont divisées par dix sur tel ou tel polluant que les risques diminueront d'autant ». Et l'association de dénoncer le manque de volontarisme pour réduire le recours à l'incinération. En la matière, elle est soutenue par la Coordination nationale médicale santé et environnement (CNMSE), qui réunit près de 3 000 médecins. Ce collectif, né à Clermont-Ferrand, demande aux pouvoirs publics de suspendre la construction de tout nouvel
incinérateur.