Bonduelle, le géant du légume, est amer. Malgré une vive opposition, le projet d'implantation d'un incinérateur à 2 km de son usine de conserves et de surgelés de Renescure (59) a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur. « Nous n'avons même pas pu participer à l'enquête publique car le projet est sur le département voisin, regrette Christophe Chateau, directeur de la communication du groupe. C'est un non-sens de placer un incinérateur sous les vents dominants d'une des plus grandes usines agroalimentaires du monde, qui plus est, entourée de 650 agriculteurs travaillant pour nous ! »
Le syndicat mixte Flandre Morinie (159 communes et 280 000 habitants répartis sur le Nord et le Pas-de-Calais) assure avoir choisi la meilleure implantation. « Sur les trois emplacements possibles, celui d'Arques (62) était de loin le plus approprié, notamment en termes de voie d'accès », selon le président du syndicat, André Bonnier. Convaincu du bien-fondé et de l'innocuité du centre de valorisation énergétique (CVE), baptisé Flamoval, il souligne ses futures performances. « Nous avons choisi le constructeur (Cnim) pour ses garanties. Nous serons largement en dessous des normes réglementaires d'émission (cinq fois moins de dioxines et quatre fois moins de NOx...). Ce sera l'installation la plus performante d'Europe ! »
Pour jouer la transparence, c'est au pied de l'équipement que le syndicat va construire ses locaux, ainsi qu'un pavillon de la communication où chacun pourra vérifier la qualité des rejets. Coût total du projet : 74 millions d'euros. Les premiers travaux devraient débuter en septembre, pour une exploitation début 2011. André Bonnier souligne : « 92 500 t de déchets par an, aujourd'hui enfouis, produiront 6 MW par an d'électricité. Nous nous sommes rapprochés de la chambre d'agriculture pour que la chaleur produite puisse chauffer des serres ». Mais si le projet sort de terre, les légumes « Flamoval » finiront-ils chez Bonduelle ?