Le symbole d'Eco-Faur est une marguerite à treize pétales, illustre Isabelle Thomas, conseillère régionale déléguée aux énergies. À chacun correspond une cible à remplir par les projets présentés. » Parmi ces objectifs : le respect de la biodiversité, l'utilisation d'écomatériaux, la gestion économe de l'énergie et de l'eau, le recyclage des déchets, la concertation avec les habitants, la maîtrise de la consommation de l'espace, les déplacements alternatifs, etc.
Lors du lancement de son quatrième appel à projets en mai dernier, la Région a tenu à distinguer six initiatives, soit deux par catégorie. Eco-Faur se divise en effet en trois rubriques : les équipements et bâtiments publics ; l'aménagement d'espaces publics ou paysagers ; les nouveaux quartiers et habitat. Entre 130 et 140 dossiers sont déposés par an et la moitié environ est retenue. « 20 % des communes bretonnes ont déjà été éligibles », se félicite Jean-Yves Le Drian, président de la Région.
L'aide principale apportée par Eco-Faur est d'abord financière. Les collectivités sont subventionnées à hauteur de 50 % maximum, uniquement sur les surcoûts environnementaux. Pour les projets ponctuels, la subvention varie de 10 000 à 100 000 euros sur une période de trois ans. Elle peut atteindre 150 000 euros pour les projets d'envergure. Outre les 18 millions apportés depuis 2005, la Région a également accordé 1 million pour la réalisation de cent études préalables. C'est d'autant plus important pour les petites communes dépourvues de services techniques. De fait, plus de 60 % des collectivités soutenues comptent moins de 2 000 habitants.
En pratique, la Région accompagne les collectivités en amont de leur projet pour le montage du dossier Eco-Faur. Au conseil régional, un service de quatre personnes travaille sur ce dispositif, en partenariat avec plusieurs associations spécialisées, dont Bruded (Bretagne rurale et développement durable). Cette association d'entraide communale regroupera près de soixante-dix communes d'ici à la fin de l'année. « Avant Eco-Faur, il fallait ramer à contre-courant pour mettre en place ces projets pas comme les autres », se rappelle Daniel Cueff, maire de Langouët (35) et co-président de Bruded.
Car au-delà de l'aspect financier, le souhait de la Région est d'impulser une dynamique. « Notre objectif est de créer une véritable culture environnementale », affirme Jean-Yves Le Drian. « Répondre à cet appel à projets nous a obligés à aller plus loin dans la réflexion sur le développement durable », expose Jean-François Bohuon, maire de La Chapelle-Thouarault (35), commune de 1 915 habitants récompensée pour l'aménagement d'une coulée verte. « Nous avons, par exemple, ajouté un sentier pédagogique autour de la zone humide que nous avons réhabilitée. Cette reconnaissance régionale nous conforte dans nos orientations, c'est un encouragement à continuer. Pour nous, petite commune, Eco-Faur est aussi une réelle ouverture vers l'extérieur ; c'est la cerise sur le gâteau ! »