À l'Institut de recherche en biotechnologies du CNRC, au Québec, on l'appelle « électrolyse biocatalysée ». Il s'agit d'une toute nouvelle approche de la production d'hydrogène à partir d'effluents organiques. Comme dans une pile microbienne, on met en oeuvre des bactéries anaérobies (trouvés dans des sédiments) capables de transférer les électrons qu'elles produisent lors des réactions d'oxydoréduction à d'autres matériaux, tels qu'une anode en métal. Mais au lieu de provoquer la migration de ces électrons à la cathode en injectant de l'oxygène, le CNRC favorise leur acception par les protons (H+) en appliquant un léger courant électrique. La production d'hydrogène qui en résulte consomme globalement moins d'électricité puisqu'on utilise aussi le courant créé par les électrons. Le rapport est de 1 à 5 par rapport à une électrolyse de l'eau standard, tout en traitant un déchet. Pour industrialiser cette technique, le CNRC travaille sur les catalyseurs de la cathode afin d'en réduire le coût, et sur les conditions opératoires. Serge Guiot, responsable du projet, recommande un prétraitement de l'effluent brut par fermentation acidogène. L'effluent homogène obtenu (de l'acide acétique) devient alors un substrat de choix pour les bactéries électrogènes, d'où des rendements de production d'hydrogène intéressants. Ces premiers résultats ont été validés sur une pile d'un litre.