Biopolymère le plus présent sur terre, la cellulose pâtit, dans son développement industriel, de l'absence de propriétés barrières à l'eau, aux graisses et aux gaz. Plutôt que de se résigner aux assemblages multicouches, coûteux et difficiles à recycler, le Cermav (Centre de recherche sur les macromolécules végétales) a imaginé un traitement par greffage conférant à la cellulose des fonctions barrières, tout en gardant son caractère biodégradable et recyclable. L'idée de l'équipe de Daniel Samain a été de recourir au PVA, un alcool polyvinylique d'origine pétrolière biodégradable et non toxique. Cette molécule, acceptée pour le contact alimentaire, affiche en effet des propriétés naturelles de barrière aux graisses et aux gaz. Seul hic, elles disparaissent en présence d'eau. Le Cermav a donc cherché à greffer des acides gras alimentaires pour obtenir la triple fonction recherchée. La technique de greffage, brevetée depuis des années par le Cermav et appelée chromatogénie, a l'intérêt d'être très rapide pour répondre aux impératifs industriels. Elle permet surtout de ne pas greffer l'intégralité de l'épaisseur du PVA pour effectivement profiter de l'addition des propriétés barrières des deux molécules. C'est cet assemblage qui est ensuite déposé en couches minces (quelques microns en tout) sur la cellulose, la partie non greffée du PVA servant d'ancrage. Une société est en incubation pour industrialiser l'innovation et la commercialiser dans les prochaines années.