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Quelles compétences pour verdir son festival ?

LA RÉDACTION, LE 1er JUILLET 2008
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Pour introduire un peu d'environnement dans une structure comme un comité d'organisation de festival, nul besoin de sortir des Eaux et forêts ou d'un mastère en rudologie appliquée. Il suffit d'un zeste de conscience citoyenne et de beaucoup de jugeote pour s'entourer des bonnes personnes. D'abord, et dans l'idéal, d'un économe de flux, comme aux Transmusicales de Rennes, afin d'inventorier les consommations et monter les filières d'approvisionnement et de retraitement. « Il vient tous les ans durant le mois du festival pour tracer les consommations électriques, monter le dispositif de tri des déchets et identifier les bonnes filières de recyclage », explique Tanguy Le Cras, au comité d'organisation des Transmusicales. Les « Trans » sont l'un des six festivals bretons à s'être constitués en réseau pour mettre en commun leurs bonnes pratiques environnementales. Un salarié à plein-temps, en la personne de Maryline Chasles, ex-Madame environnement au festival des Vieilles Charrues, l'anime depuis le Crij (Centre régional d'information jeunesse) de Rennes. « Nous encourageons d'autres festivals à nous rejoindre, pour peu qu'ils se reconnaissent dans la charte de développement durable que nous avons signée à six, fin 2007, affirme cette jeune femme de 28 ans titulaire d'une maîtrise de gestion, en poste jusqu'à mars prochain sur un CDD financé par la Région. Les manifestations festives se prêtent bien à ce type de message, car on fait vite le parallèle entre diversité culturelle et biodiversité. Mais elles ont des contraintes fortes. » Pour le tri des déchets, par exemple, portez une grande attention à la rapidité d'évacuation : « Un festival est par définition un événement éphémère, les déchets doivent être enlevés vite », rappelle Maryline Chasles. De même, « un tri ne s'envisage pas sans passage à des gobelets réutilisables : en gardant des jetables, on risque d'en retrouver dans les collectes sélectives et de faire pire que mieux », renchérit Jérôme Samalens, chez Trigone, le syndicat de traitement des déchets du Gers qui parraine une opération de conversion des festivals du département aux gobelets réutilisables (Nuit des Peñas, Bandas de Condom, en attendant Jazz in Marciac et le Shell Ecomarathon) et travaille avec les traiteurs pour proposer une « vaisselle durable ». L'offre existe : l'association Ecocup fournit équipes de lavage et gobelets réutilisables, marqués aux couleurs de l'événement et donnés au festivalier en échange d'une caution d'un euro. « Avant de trier, le but premier est de laisser le site propre en partant », insiste de son côté Jean-Marc L'Hostis, au festival des Vieilles Charrues, mettant en garde contre les fausses bonnes idées : « Inutile de proposer de la vaisselle en amidon de maïs si personne derrière ne peut traiter le déchet. » S'il part vraiment de rien, le chargé de projet environnement au sein d'un festival serait bien inspiré de contacter Les Connexions associatives. Cette structure basée en Ardèche offre deux services : une mise en relation de l'organisateur, qu'il s'agisse d'un festival, d'une manifestation sportive, d'un concert, d'un salon ou d'une foire, avec différents « écofournisseurs » (électricité verte, boutons poussoirs pour les points d'eau, repas bio, textile du commerce équitable, etc.), mais aussi la mise à disposition d'une équipe de bénévoles, encadrés par des coordinateurs salariés, pour s'occuper des déchets. « Pour une manifestation de 20 000 personnes qui nous confierait le tri, comptez 30 agents de propreté. Nous nous déplaçons avec notre centre de tri mobile, un convoyeur à bandes sous grillage monté sur un châssis de caravane », décrit Nicolas Dahan, pour l'instant seul permanent de cette structure qu'il a fondée à 26 ans après un cursus en électrotechnique et maintenance industrielle. Comptez entre 5 000 et 15 000 euros la prestation pour un événement de 10 000 à 50 000 personnes. Et ça marche : « On refuse 30 % des demandes, raconte Nicolas Dahan. Récemment, sur 20 tonnes de déchets de festival, nous avons confié à la communauté de communes 12 tonnes recyclables. » Justement, quel type de partenariat faut-il monter avec la collectivité locale ? « C'est un échange de bons procédés : l'organisateur offre un gain de temps au nettoyage du site - son prestataire a mis deux heures sur les dernières Bandas de Condom, contre une matinée jusqu'alors par les services municipaux - et des lots tout prêts de déchets recyclables à la collectivité, qui percevra les soutiens financiers des sociétés agréées dessus. En échange de quoi, elle peut se montrer généreuse en subventions et en soutien logistique », résume Jérôme Samalens. Le Printemps de Bourges va même jusqu'à « emprunter » les ambassadeurs du tri de la Ville et les scouts du coin. Devant un élu local, pensez également transports. Les Méditerranéennes de Leucate, par exemple, ont négocié avec la Ville pour aménager les horaires des navettes en fonction des concerts. Des événements comme le Festival du vent à Calvi, la Technoparade à Paris, le Festival de jazz de Juan-les-Pins et, bientôt, les Francofolies de La Rochelle sont en liaison directe avec la collectivité d'accueil pour leur volet environnement. Si le contact avec les élus locaux est primordial, le Monsieur environnement d'un festival doit aussi savoir travailler avec les organismes de tourisme, ainsi qu'avec l'Europe, qui a son réseau d'écofestivals, avec charte et label. Enfin, il faut savoir travailler avec l'Ademe. « Nous lançons avec elle une étude sur les toilettes sèches, annonce Maryline Chasles. Car c'est bien beau d'en installer, mais si c'est pour ne savoir que faire de la sciure souillée faute de plate-forme de compostage à proximité, cela ne sert pas à grand-chose... »


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