Les audits internes sont partie intégrante d'un système de management environnemental (SME). « Ils doivent permettre à l'entreprise de trouver ses failles et les moyens d'y remédier. Il faut reconnaître que mieux les audits internes sont faits, moins on a d'écarts à signaler en audit de certification », explique Marie-Hélène Lefebvre, responsable d'audit Iso 14001 en délégation régionale d'Afnor. Mais vaut-il mieux disposer de ses propres auditeurs ou faire appel à un consultant extérieur ? Pas de religion en la matière, on peut même panacher, gérer certains audits en interne et en externaliser d'autres. C'est la structure de l'entreprise qui en décide.
Ainsi Trigone, syndicat départemental de traitement des ordures ménagères du Gers dont les trois centres de stockage de déchets tout juste certifiés Iso 14001 fonctionnent avec trois personnes seulement, a choisi l'externalisation. « Nous voulons le regard d'un tiers, qui permet de tout contrôler même notre responsable QSE », explique Jean-Christophe Vergnes, son directeur. Et l'intéressé, Sébastien Vrillaud, d'ajouter : « Nous avons obtenu notre certification en neuf mois. Sans l'audit d'une personne extérieure bien formée, on n'aurait pas eu cette réussite. »
Si les petites structures recourent facilement à un consultant extérieur, former ses salariés présente bien des avantages. « C'est d'abord un facteur d'amélioration continue, sans compter que cela contribue à améliorer la communication interne sur le SME », a pu constater Marie-Hélène Lefebvre. Et d'ajouter, « il faut au moins deux auditeurs bien formés, car on ne peut pas auditer son propre service. Cela résout aussi les problèmes de disponibilité et permet de recouper les informations ». Chez Pyrenex, fabricant de couettes et oreillers, également certifiée Iso 14001, Édouard Crabos, son directeur général, a choisi de panacher. « Nous avons formé nos dix auditeurs qualité à l'environnement, mais c'est un cabinet extérieur qui audite nos processus de management. »
Si disposer d'un nombre suffisant d'auditeurs représentant toutes les fonctions de l'entreprise permet des audits à deux, il offre aussi la possibilité de choisir le binôme le plus adapté au service audité. « Il faut s'assurer de l'adéquation entre le niveau des auditeurs et les risques associés au process analysé », explique Véronique Hondelatte, responsable HSE chez Pyrenex, responsable du planning des audits. « Ainsi la gestion des eaux est plutôt confiée à un responsable de production et celle des palettes et cartons à un opérateur », précise-t-elle. Et l'intérêt de disposer de sa propre équipe d'auditeurs est démultiplié quand l'entreprise organise des audits croisés entre sites. « L'audit devient l'occasion d'échanger les bonnes pratiques », se réjouit Stéphanie Devillepoix, responsable qualité et environnement de Sede Environnement pour qui « d'outil d'évaluation l'audit est devenu un outil d'amélioration de la politique environnementale de l'entreprise ».Une réalité portée par l'engagement des auditeurs, qui ne peuvent être que des volontaires, avec parmi eux les incontournables correspondants environnement des sites. Enfin, pour assurer une mission d'audit dans le service voisin sans jouer les contrôleurs de travaux finis, mieux vaut être constructif, pédagogue et curieux. Mais attention, cette compétence n'est peut-être pas assez reconnue en termes de carrière ou de salaire.