Les trois principaux acteurs de l'économie solidaire oeuvrant dans le recyclage des textiles se sont réunis en un collectif, baptisé Inter-réseaux de la fibre solidaire ( IRFS), afin de peser dans les négociations visant à structurer la filière. En vertu d'un décret paru en juin dernier, celle-ci est censée passer sous le régime de la responsabilité élargie du producteur, en obligeant les marques mettant des vêtements neufs sur le marché à cotiser (environ 1 centime l'article) à un éco-organisme agréé. Celui-ci est connu - il s'appelle Eco-TLC - mais, mi-novembre, il n'était pas encore opérationnel. « Le ministère [de l'Écologie] a annulé une réunion prévue le 16 octobre qui devait permettre d'engager la procédure d'agrément, autorisant la collecte de la contribution et son reversement aux opérateurs », déplore Caroline Portes, directrice du réseau Tissons la solidarité, membre de l'IRFS. Les soutiens aux opérateurs (69 € la tonne triée + 50 € la tonne pour les structures employant au moins 15 % de personnes en insertion + aide à la communication des collectivités locales) sont en effet censés leur parvenir avant la fin de l'année en règlement des tonnages de 2007. Selon Jean-François Luthun, trésorier de l'IRFS et vice-président du Relais, Eco-TLC doit lever « 6 à 7 millions d'euros », ce qui n'est pas rien pour ces organismes confrontés à une baisse de qualité des collectes et une hausse des coûts d'élimination. À titre de comparaison, Emmaüs France réalise un chiffre d'affaires de 280 M€, à 20 % dans le textile. Dans son agrément, Eco-TLC aura une obligation de résultat : détourner 50 % du gisement de textiles usagés des poubelles, soit 350 000 t sur 700 000, au lieu de 110 000 actuellement. C'est-à-dire
6 kg/hab./an.