Adopté dans la contestation en décembre 2006, le projet d'une troisième usine d'incinération dans le Haut-Rhin a été enterré exactement deux ans plus tard par les mêmes élus qui l'avaient naguère jugé nécessaire. Davantage que des changements de personnes résultant des élections, le revirement du « syndicat mixte du secteur 4 » (160 000 habitants) découle des nouvelles perspectives apparues entre-temps dans la récupération et le tri. Généraliser la collecte sélective des biodéchets en sacs - expérimentée avec succès dans une intercommunalité pilote - en vue de leur compostage ou leur méthanisation, améliorer encore le tri chez l'habitant, créer une unité de tri automatisée pour produire notamment des combustibles solides de récupération : l'addition de ces mesures doit dispenser de brûler 75 000 tonnes par an de déchets ménagers et industriels banals, tout en soulageant l'unique CSDU départemental menacé de trop-plein. Ainsi ont tranché les élus, appuyés par les données techniques du conseil général. Mais il faudra que l'habitant soigne ses poubelles : les déchets devront être les plus propres et secs possibles.