Pour nettoyer ou recycler certaines pièces couvertes d'un dépôt métallique de haute valeur ajoutée, il n'y avait jusqu'à présent que des méthodes physiques ou chimiques, agressives pour le support, parfois énergivores ou source de déchets. Rompant avec le passé, la méthode proposée par le laboratoire Simap de Grenoble est douce et se déroule à température ambiante. Elle met en oeuvre le principe de cavitation en milieu liquide. L'équipe de Francis Baillet a choisi de travailler avec des ultrasons à haute fréquence émis dans une solution spéciale. « Dans le cas des hautes fréquences, les phénomènes sont essentiellement chimiques et très peu mécaniques, ce qui limite les risques d'endommagement des substrats », explique le chercheur. Ainsi, on peut réutiliser les supports si besoin est. Un impératif en nettoyage de pièces telles que des aiguilles de cartes à pointes, utilisées pour tester les puces microélectroniques. En fonction de la solution (eau, HCl dilué, NaCl) et des fréquences choisies, on génère aussi des espèces chimiques capables d'attaquer sélectivement un matériau donné, et cela à température ambiante. Outre le nettoyage des aiguilles de tungstène polluées par des particules d'aluminium, le Simap a testé la récupération du cuivre de « wafers » en silicium, ouvrant la porte à leur réutilisation en production sans perte de performance, et la récupération d'indium dans la couche ITO d'un écran plat.