Partant du constat que « 4 milliards de gants à usage unique partent à la poubelle chaque année en France » et que « dans le monde médical, chaque utilisateur porte ces gants trois minutes environ (trente à quarante-cinq minutes dans l'agroalimentaire) », la société Glovea System a imaginé une machine de retraitement des gants usagés qu'elle compte commercialiser à partir de juin. Mis au point à Evreux avec R-Meca, spécialiste de la mécanique de précision, le process consiste à plonger le gant usagé dans un bac de solution désinfectante pulsée aux ultrasons « afin de générer des microbulles qui viennent brosser la surface ». Le gant se voit ainsi offrir jusqu'à quinze vies, « de quoi réduire de 20 % la facture d'un hôpital ou d'une usine agroalimentaire qui utiliserait 3 millions de gants par an », comparé à un usage unique avec envoi en incinérateur pour déchets dangereux. Glovea déploiera ce service en direct, mais aussi par le biais des prestataires habituels des hôpitaux que sont Elis et les autres spécialistes du nettoyage de blouses et draps. Précision importante : cette machine à 200 000 euros pièce ne peut retraiter que les gants en nitrile que Glovea fait fabriquer en Malaisie, plus chers à l'unité mais plus résistants. C'est pourquoi elle décrit son offre comme la mise à disposition d'un usage (gant neuf + reprise + retraitement) et non d'un consommable, le tout « avec un bilan carbone dix fois moins important qu'en tout jetable », assure Gérard Poincelot, fondateur de l'entreprise.