L'usine d'électricité de Metz (UEM) engage 45 millions d'euros pour se doter d'une centrale à biomasse à cogénération d'ici à 2012. Le projet, qui n'est pas encore définitivement calibré, comportera une chaudière à vapeur de 35 à 45 MW et un groupe alternateur de 7 à 9 MW. La nouvelle unité consommera entre 75 000 et 95 000 tonnes de combustibles (67 % de plaquettes forestières, 20 % de déchets de bois et 13 % d'écorces). Comptant parmi les villes européennes engagées à réduire de plus de 20 % leurs émissions de CO2 d'ici à 2020, Metz voit dans ce projet l'occasion de réduire ses rejets de 57 000 tonnes par an tout en valorisant la production forestière locale. L'UEM s'appuie sur l'ONF et sur la coopérative vosgienne Bois et forêt pour garantir son approvisionnement en bois dans un rayon de 60 km.
Quatrième réseau de chaleur de France avec 180 MW en période de pointe, l'UEM a basé son modèle sur la cogénération d'électricité et de chaleur. Elle présente un rendement énergétique exceptionnel de 65 % - la moyenne nationale est de 33 % - grâce à son couplage à la centrale thermique de Chambière. Devenue l'an dernier une société d'économie mixte détenue à 85 % par la ville de Metz et à 15 % par la Caisse des dépôts et consignations, l'ex-régie municipale compte aujourd'hui 500 salariés et prévoit pour 2009 un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros dont 123 millions pour la fourniture d'électricité et 50 millions pour la cogénération. Sa nouvelle filiale Energem a pour vocation de commercialiser sa production sur un territoire élargi.