Depuis qu'ils ont démarré en novembre dernier la collecte et le compostage des déchets de restauration de dix établissements publics à La Couronne, petite ville au sud-ouest d'Angoulême, le conseil général de la Charente et la communauté d'agglomération du Grand Angoulême ( Comaga) peuvent se targuer d'avoir su impliquer ses habitants. « Agents ou usagers, chacun trie ses biodéchets à la source. Pour ce faire, des affiches informatives ont été placardées et des agents référents nommés. Collectés une fois par semaine par la Comaga, ces biodéchets rejoignent la plate-forme de compostage du lycée agricole de l'Oisellerie, qui produit déjà 2 000 tonnes par an de fumier à partir de déchets d'élevage », explique François Chagnas, le gestionnaire du lycée. Point fort de la ville : la dizaine de cuisines centrales et structures de restauration collective situées dans un périmètre restreint, limitant le coût de la collecte. De même, il n'a pas été nécessaire de redimensionner la plate-forme ni d'engager des employés : le produit de la collecte (une centaine de tonnes par an) est mélangée aux autres déchets pour produire un fumier de qualité, épandu sur les terres agricoles du lycée. « Reste à savoir comment cette opération, qui représente un léger surcoût par rapport à l'incinération, peut être pérennisée voire répliquée dans d'autres villes », conclut Didier Louis, vice-président du conseil général.