Au sein du projet piloté par la coopérative d'utilisation du matériel agricole ( Cuma) du pays Sud Oise (60) et l'Institut polytechnique Lasalle Beauvais, des chercheurs travaillent sur la valorisation du fumier, notamment le crottin de cheval, et tentent d'obtenir la méthanisation la plus efficace possible. Ils étudient notamment les conditions de prétraitement de la matière, en lui faisant subir une dégradation par l'ozone. Ce gaz attaque les structures chimiques des déchets.
Autre solution : les exposer à des micro-ondes, dans une cavité hermétique. « Ces deux techniques ne sont habituellement pas utilisées sur ce type de déchets, ni à cette échelle. Ici, tout ce qui est fermentescible peut être prétraité », explique Thierry Ribeiro, enseignant-chercheur en microbiologie et biochimie à l'Institut Lasalle Beauvais.
Ainsi préparés, les déchets sont digérés dans un réacteur à méthanisation à brassage continu, qui améliore le rendement en biogaz. Ce procédé accepte entre 300 et 3 000 m3 de substrat, suivant la nature du déchet (ordures ménagères, fumier, lisier, effluents liquides, etc.) et le mélange de biomasse utilisé. Le biogaz est réutilisé en cogénération : l'électricité est renvoyée dans le réseau et la chaleur chauffe le digesteur et le bâtiment. Elle peut aussi être récupérée par certaines collectivités. Le digestat, lui, aide les producteurs de champignons à utiliser moins d'engrais... et donc à faire des économies.