Deux coopératives sont en cours de constitution en Languedoc-Roussillon pour concourir au développement des énergies renouvelables au sein des exploitations agricoles. Toutes deux sont des sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC), dont les statuts sont plus ouverts que ceux des sociétés coopératives de production (Scop), car ils permettent d'associer des personnes physiques et morales. La première fait suite à une initiative de la fédération régionale des coopératives agricoles. Y participent des coopératives, notamment viticoles, mais aussi des financeurs.
Son but ? Mettre à profit les toitures des viticulteurs pour installer des centrales photovoltaïques via une offre globale d'équipement, et le cas échéant de gestion des installations. Elle a pour vocation à maîtriser l'ensemble des projets, depuis les études de faisabilité jusqu'au démontage et au recyclage des panneaux dans quinze ou vingt ans. « Cette coopérative sera maître d'ouvrage ou maître d'oeuvre. Elle prendra en charge l'entretien et la maintenance, quitte à créer ses propres équipes », détaille Serge Dupoirieux, directeur de l'Union régionale des Scop en Languedoc-Roussillon. La coopérative envisage également de mutualiser les bénéfices tirés des installations.
Plongées dans la crise depuis de nombreuses années, les coopératives viticoles regardent avec attention cette nouvelle source de profit potentiel qui leur permet d'investir sans toucher à la rémunération de leurs adhérents, eux aussi en difficulté. Olivier Rives, directeur de la Fédération régionale des coopératives agricoles, y voit également un moyen de protéger ses membres de développeurs de projets indélicats.
Un risque qui sera aussi écarté avec Enercoop LR, la seconde Scic en création. Ici, l'objectif est d'assurer le développement de petites installations, principalement photovoltaïque et éolienne, à destination du monde agricole et rural. Le CAUE de l'Aude, maître d'ouvrage, débute les campagnes de mesure du vent dans les exploitations avec l'aide de lycées techniques et agricoles qui se sont équipés de cinq mâts de mesure. « Enercoop cherchait des partenaires dans notre région et nous avions une cinquantaine d'adhérents pour notre projet de petit éolien. Il était donc logique de travailler ensemble », précise Xavier Phan, chargé de mission au CAUE. Nous souhaitons surtout mettre de la cohérence dans les équipements, pour utiliser à la fois le soleil, le vent et diminuer ainsi les ponctions sur le réseau. » Et ici encore, dégager, le cas échéant, de nouveaux revenus pour les agriculteurs.