« Les déchets et les matières nucléaires sont bien gérés en France. » Telle est, en gros, la conclusion de l'Autorité de sûreté nucléaire ( ASN), lors de la présentation le 4 juin dernier du Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs, triennal. Deux types de déchets ont déjà trouvé des solutions. D'une part, les déchets de très faible activité sont stockés à Morvilliers dans l'Aube, mais ce site pourrait saturer rapidement, avec le démantèlement des centrales en fin de vie. L'ASN envisage donc d'autoriser le recyclage de ces déchets, essentiellement des bétons, dans le nucléaire. D'autre part, les déchets de faible et moyenne activité à vie courte sont stockés dans l'Aube, où un centre spécialisé a succédé à celui de la Manche, saturé. Pour les autres déchets, les solutions manquent encore. L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs ( Andra) recherche un site pour ceux de faible activité à vie longue, mais les deux communes envisagées se sont désistées. On s'achemine donc vers un entreposage temporaire, en attendant l'hypothétique candidature d'autres communes. Enfin, les déchets de haute et moyenne activité à vie longue, les plus dangereux, attendent un centre de stockage dans la Meuse, près du laboratoire de Bure où a été étudié l'entreposage en profondeur (5 000 m). L'Andra a défini une zone d'intérêt pour la reconnaissance approfondie (Zira), en attente d'une validation ministérielle. De nombreuses étapes devront être franchies avant sa mise en service et aucune date n'est annoncée. Enfin, l'ASN botte en touche concernant l'uranium appauvri issu de l'enrichissement de l'uranium naturel, qu'Areva envoie actuellement en Russie. En effet, ils ne sont pas assimilés à des déchets, mais à des matières valorisables. Comme la société russe Tenex ne les accepte plus, Areva les entreposera, en attendant le démarrage de l'usine d'enrichissement Georges-Besse II, en construction à Tricastin.