Comment récupérer facilement les matériaux précieux des déchets électriques et électroniques ? À l'aide d'ultrasons, proposent des scientifiques de Grenoble. Ils ont développé une méthode, baptisée Valmat, qui fonctionne en laboratoire, et vont maintenant la tester à une échelle dix fois plus grande, avec une capacité de traitement de 50 litres, qui devrait être opérationnelle à l'automne. « Le but de ce pilote est d'obtenir des données technico-économiques, afin de voir si cette solution peut être rentable », précise Nicolas Gondrexon, enseignant-chercheur à l'université Joseph-Fournier de Grenoble.
La diffusion d'ultrasons de haute fréquence dans une solution aqueuse engendre des espèces chimiques très réactives, comme les radicaux. Si l'on plonge des fragments de déchets électroniques dans cette solution, il est possible de « décaper » certaines substances comme les métaux ou les terres rares. « En jouant sur la fréquence des ultrasons et sur la composition de la solution, on peut récupérer sélectivement telle ou telle substance, observe Francis Baillet, maître de conférences à l'Institut national polytechnique de Grenoble. C'est une méthode très propre, les solutions ne sont pas dangereuses, et tout se passe à pression et température ambiante. »