Tout d'abord chez Eco-emballages où il fut, à la création de l'éco-organisme, en 1992, son premier directeur général, puis son président de 2003 à 2009. La société agréée pour développer avec les collectivités locales la collecte sélective en vue du recyclage des emballages ménagers lui doit la généralisation du tri sélectif en France. En 15 ans, l'adhésion de 30 000 communes, de 10 000 entreprises et un partenariat fort, initié par Eric Guillon, avec l'Association des maires de France a permis à la société au point vert, de faire jeu égal en Europe avec Duales System Deutschland, l'éco-organisme allemand.Ensuite au Comité 21, l'association regroupant les réseaux des acteurs du développement durable créée en 1995 du rapprochement de trois associations emblématiques dans la perspective d'aider à la mise en place en France des Agendas 21 initiés par le Sommet de Rio. Eric Guillon en fut membre dès le début et en assura la présidence de juillet 2004 à juin 2010. Grâce à son action le Comité français se lança dans une ambitieuse entreprise de régionalisation de ses activités, créa un Comité de prospective destiné à diffuser la connaissance des experts à un plus large public et, comme un signe de succès, vit le nombre de ses adhérents augmenter de plus d'une centaine.Cet intérêt pour l'environnement, il l'avait eu dès 1989, année où il devint directeur général de l'environnement chez Danone. Il était rentré dans le groupe alimentaire, jeune diplômé de l'EM Lyon, en 1965. Mais c'était plus encore un intérêt pour le progrès, auquel il associait l'environnement, qui l'animait. Il savait que les questions d'environnement n'avanceraient pas sans méthode. Il aimait ainsi organiser ce qui ressortait des réflexions pour que les rêves puissent prendre corps.Avec la disparition d'Eric Guillon, il nous faut rappeler celle de deux grandes figures de l'environnement, emblématiques, elles aussi, car engagées dès la première heure dans ce qui était alors, en 1971, le ministère de l'impossible : Jean-Claude Oppeneau [lire l'article Hommage dans la newsletter n°5 de Pollutec], décédé le 1er décembre, qui siégeait avec Eric Guillon au Conseil d'administration du Comité 21 après avoir été de tous les combats du ministère de l'environnement et de l'Ademe, et Yves Martin [lire l'article le concernant sur Wikipedia], décédé le 15 décembre. Cet ingénieur des mines passé à la Protection de la nature du ministère de Robert Poujade, était un des grands spécialistes français de l'effet de serre.Charles-Henry DUBAIL