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Qui veut reprendre Citron ?

LA RÉDACTION, LE 1er FÉVRIER 2011
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Est-ce la fin de l'aventure pour Citron ? Depuis octobre 2010, le site de traitement des déchets dangereux de Rogerville, sur la zone industrielle du Havre, est à l'arrêt à la suite d'un incendie. Depuis, le préfet de Haute-Normandie a suspendu l'activité et les trois dirigeants sont sous le coup de huit chefs d'inculpation. Par ailleurs, criblée de dettes, la société est en liquidation judiciaire. Pour un éventuel repreneur, la barque est chargée. À ce jour, la Dreal de Haute-Normandie estime, « très approximativement », que 35 000 tonnes de déchets à traiter sont présents sur le site, ainsi que 8 000 tonnes d'imbrûlés et 90 000 tonnes de résidus de traitement. Un expert judiciaire doit affiner ce diagnostic. « Nous contactons les propriétaires des déchets non traités afin qu'ils les fassent traiter ailleurs », explique Guillaume Appéré, chef de service risques de la Dreal. « Mais les mâchefers - une montagne de déchets ! - vont compliquer la reprise du site », souligne Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robin des bois. Un souci partagé par la Dreal de Haute-Normandie. De fait, les conditions d'exploitation du site n'ont jamais permis de produire des résidus de traitement valorisables. Pire encore, Robin des bois redoute des « stocks cachés » de déchets pour lesquels un bordereau de traitement aurait été remis au producteur, sans que le traitement ait eu lieu. Autre point négatif pour un repreneur, la cour administrative d'appel de Douai a annulé, fin décembre, l'arrêté du préfet de Seine-Maritime autorisant l'extension de capacité du site de 140 000 à 450 000 tonnes par an. Il y a pourtant un marché : « Cette fermeture crée un trou dans la filière de recyclage des déchets électroniques, des ampoules basse consommation ou encore des bombes aérosols. Cela repose la question d'une véritable filière de recyclage pour ces déchets en France », estime Jacky Bonnemains. Quoi qu'il en soit, la Dreal promet d'être vigilante sur les candidats à la reprise : « Nous exigerons de solides garanties techniques et financières sur l'activité », assure Guillaume Appéré.


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